Synopsis : c'est un poème qui s'inscrit dans mon parcours de masseur en Massage-Français à Paris et l'évocation de ces moments, rares, lourds des muscs infernaux où l'homme se fait glisseur de chair.

 

Écrivain public en massage sur papier de vous
Je vous ai bien souvent écrit de mes encriers d'huiles sans même que vous n'en sachiez rien

Et seuls et nus vous étiez
Et seuls et nus vous vous vouliez
Tous allongés comme ces figurines inertes dans une collection privée

 

Ultra nu en vos bleus
Imperceptiblement offerts à qui s’emparerait de vous

 

Vous la sentiez mon ombre n'est-ce pas ?
Cette nuit incertaine d'hommes gelés qui suit nos vies

Cette bise stannifère d’une bien douloureuse histoire, hurleuse des charmes de ceux qui n’adviennent jamais ?

Je l’enroulais tout au-dessus de vous

La procréais en nuit féroce

Comme le voile de vos oignions noirs et tétons roses

Puis je l’effaçais comme on un brise un sceau

Je finissais ce qui devait être rompu

Et vous, las de ces fins

Renonciez à vos projets de candeur éternelle

Vous vous souleviez de vos cairnes

L’obsidienne partout et la cornaline menue

Toujours dans son manteau défait
Mouillée d’orages

Ou d’oranges si beaux sur vos glands retroussés

Confits et sombrement rouges et mangés en cabochons des vérités pesantes comme des crânes d’agates posés dedans l'ossuaires intimes, le poil semblable à ces suaires effilochés sur des catacombes closes, des loculus ouverts sur des cercueils vides

 

je parle de ce que je sais de vous, mais je n’en ramassais jamais que vos orles de peau ourlaient par de sombres retours

Comment aurais-je pu enfermer baisés en lune, y poser le griffon de mes origines, ce rustre manège aux outres comblées de terre

Je devais donc vous masser en triste manière

Massé plus sublimement que personne jamais ne vous re-massera

Parce que lorsque vos Êtres s’effacent de mes horizons vides

Vous me laissez plus chargé qu’une africaine
des colliers de vos élégances, des grigris de vos aisselles, des rognures d’ongles carbonisées tous en tas rassemblaient sur vos pubis éparts, abandonnée à ses voix de bantous

 

Alors bien sûr que parfois il m’arriva de basculer dans vos automnes

de combler dans votre bouche la place qui manquait dans la mienne

de respirer vos neiges fromagères encloses dans vos plis de romains à la vertu soudoyée, voluptueuse cisel pendulaire

de laisser couler sur vous mes urines comme les sucs d’un soleil rendu terrible par la mort

de rompre à la décence et de vous sentir m’amener tout seul le bran de vos tarières lorsque mes doigts fouillaient lubriques vos pépins de craies noires et que cédait ce bien mauvais œil sous les incantations chambrières de mon pousseur d’oncolithes

Puis vous vous balancez pareil à des déments exorcisés, perclus et reptile d’aventure comme enfermés dans le livres d’un voyageur exsangue

 

Alain Cabello Mosnier
jeudi 19 octobre 2017
Paris

 

Historicité : ce sera le premier poème à aborder la sexualité en massage que je de tout temps soigneusement tenue à l'écart de ma pratique à part avec certaines bêtes qui m'atteignirent jusque dans ma réserve.