Gazon noir, herbes rousses, rare auge, blême rose et gant fou. Je désire ces puanteurs maudites, leurs vagues retours de spectres enchantés, la bruyère de dessous les bras, le buis roide, je m’engonçais au plus épais de leurs barbelés le temps qu'une lueur m'apporte ce reflet de peau qui respire quelque part dans une nuit oubliée

Il était là, dans ce que le temps éparpille.
Vous avez vu toutes ces poupées mortes ? Toutes ces queues de cadavres qui attestent de nos rêves ?
La couverture était brune. Son corps en émergeait de laine. Un mélange de mérinos et de nu. Elle se tissait de lui, et grattait comme ses doigts tout ce qui disconvenait. Le sale se révélait en lui comme le tombeau qui se referme sur le seul. Il n'en faisait rien qui se puisse définir. Humide et froid il disait ce qu'aucune oreille n'aurait voulu entendre. Sa salacité était pleine de vers, son corps de pommes, pomme d'Adam, paumes des mains, de son menton, de se scrotum de résurgence, de stupide teigneux fait de compulsion et d'ardoises. Son pubis était toujours vainqueur. Ses doigts se nouaient quelque part et l'autre se rassemblait de désir.

Puis va ! Dans un cercle il se finissait. Adoptait toutes les figures de la géométrie. Baisait sur la table de Pythagore. S’amoncelait sur sa victime séculaire.
Le cul est une nuit qui ne se lève jamais que sur l'ennui de la raison pour y tituber de désarroi. Alors à quoi bon chercher son matin quand on connaît la puissance des ombres, des queues qui se dressent comme le cénotaphe livide de nos passions. Soi est la meilleure des raisons. L'autre, un berceau de concupiscence. On le veut vierge l'enfant. Naïf et diaphane sous nos quenelles décalottées. On veut ses petites mains mortes. Ces bris de joies biscornues, de nains malfaisant. On veut leur petite lune, leurs aisselles glabres, leur cimetières de retrait. C'est ça s'endormir. Méconnaître ce que sera le garçon de demain lorsque son paysage s'incrustera dans nos paupières gélives.
Dès le matin il écartait ses cuisses ou s'envenait m'enfourcher le visage pour que j'y vienne sentir ses sueurs d'oubliettes et disait :
_ Gouttes-y ?
_ Qu'est-ce que c'est ? Qui sont-elles toutes deux ainsi dégénérées ?
_ C'est ta mère, c'est notre mère et c'est amère, la racine ondoyante, mère de tous les ventres. Le nombril n'est que ce que l'on y a arraché, le sexe, ce que l'on y a mis, l'anus, ce qui reste de l'ordre des hommes et pour être sûr de ma désinvolture, c'est au ru de l'aisselle que je te cantonne. Je te veux buveur de mes exagérations.

Vendredi 12 janvier 2018
acm