On ne touche jamais aux mineurs Mais, à ceux de l’indicible fouisseur de l'industrie minière, là, point de restriction Alors, baisons-les tous.
 
CHRISTIAN ZUCCONI - CORPO IX / AMELIA (2016). Stone, bones and iron / Pietra, ossa e ferro, cm 151 x 66 x 35.
Baisons les culs de mineurs Leurs petits croupions disjoints de volucraires improbables La chauve-sourie encore suspendue la tête à l’envers de nos aveux respirons leurs chattes soudoyées les charbons de leurs aisselles de lignite broussailleuses accueillons leurs doigts méchants de noirs dans les trous de nos calvaires tirons de leurs galeries le minerai aux multiples cabales Des wagonnets de houille à l’ entrailles bousculée Suivons le rail descendant des reins découverts jusqu’à la balle floconneuse Le coup de grisou Coups de vents
Cou devant Torse derrière Tors devant Devant derrière Derrière dedans Le saint marron Marron ses seins Et parfois beige avec de petits grains, des auréoles morbides Donnant cous sur cous Ventres sur ventres Ils se montent dessus, se rampent tout dedans Leur salle des pendus à l’anneau ridé Suspendent des valoches au plafond de leur masculinité torves qu’ils affichent dans une suite de rires Les douches collectives offrent au regard l’émoi de ces pommeaux boursouflés par les brisures des bas-ventres d’adultes nus
Barre à mine et bâton de dynamite blanche avec cette mèche de chair pantelante, baluchon de tous les désirs, ce que tu fais sous terre, viens me le faire sous les draps dans la suie bien grasse de notre nuit.
Tu y sues, tu y pisses, tu y craches, tu insultes, tu pleures le chagrin d’Ares et la terre boit tout de toi, docilement puis vient le jour où c’est toi qu’elle boit tout entier encore vivant, tout vivant encore disant, la bouche fermée mais la pensée vers les tiens, l’épouse ou l’amant, vers celui qui comme toi à connu la charge de tes accoutrements génitifs, de tes affanures cupides et sombres désormais obviées par celle que tu t’obstinais à fourailler comme un cercueil trop grand pour toi, trop noir pour nous qu’il fallait bien vous y déverser en plusieurs strates osseuses de ceux qui y vinrent Jusqu’à y creuser Jusqu’à y mourir Et maintenant vos orges fendus en si beaux grains mangés par l’ergot souterrain des bastings qui cèdent, le bon grain mélangés à l’ivraie Et vos beaux culs livrés aux mauvais grains
Les femmes se soutiennent les unes les autres, les enfants pleurent aussi mais l’amour à l’aloi mauvais de ceux qui s’encombrèrent de leurs pines, se meurtrirent au pieds des terrils, des crassiers et masculins évents, à force de se masturber ensemble laquelle est la sienne, quel trou d’homme ne saurait ne pas faire illusion, et puis, je ne cherche pas une femme, je cherche un cul, pour nourrir l’attardé à la roupette lourde pertuisé et pertuiseur mais l’amour à l’aloi mauvais disais-je, sur lui on crache sans détour Ce ne sont pas les larmes qui font les saints Mais bien les morts qui font les églises Je vous le dis, le pédé est un Christ Rose Que de clous dans nos années
La gueule noire sort sa petite et tendre zézette d’enfant rieur qui se la décalotte sur des roses vinifiées, des thuyas noir, des forets tout aussi inhospitalières et le nez camard qui vient s’aplatir en ses par-derrières qui tente de se rattraper à quelque murs pour que se laisser lécher le cul se fasse sans dommage. Il ne risquait jamais d’être plus sale que le sale de la mine et sale par la manière et sale pédé en tout lieu, si sale partout que partout il ira se nicher dans les hommes les plus hideux et y fera fleurir des passions peu communes Là où les uns verront horrifiés de la merde, lui verra de l’amour, des bleus, des orages, ici du rut, de l’omniprésence expiatoire moi, j’y vois l’immense et belle foret d’une humanité de garçons dressés dans leur verge
Racines et fougères
Satyres et venaisons
S’ils ont le pieds de biche
il gardent ferme le sabot du bouc
Un orchestre saint faunique
Saints ithyphalliques
Culbuteurs, bougres d’annaux venant y placer ses rivures dorées avec étain et fillasse
Et pour souder l’ensemble tu le pousses et tu l’insultes
Mais forte l’insulte Il n’y a aucune raison de ne pas se laisser traiter de tous les noms quand on se fait niquer
La main peu voler haute tant que le baisé vole bas.
Que vaut-on à se livrer à pareille charpenterie ?
Et c’est pour cela que les homos ne se sont pas révoltés contre les hommes qui les vilipendaient, c’est parce qu’ils les aimaient.
L’insulteur est un baiseur, un exhibitionniste du verbe, derrière chaque gros mot se cache un sexe qui se veut gros et la nécessité de le montrer, de l’asséner Le ton vous le choisissez, pas le sexe et quand un sexe est décevant il le reste, c’est alors que l’insulte prend le relais Ainsi, quand tu me traites de pédé, tu ne m’insultes pas, tu m’encules. Ce fut la base de mon militantisme Ce collier de roupettes.
Cabello Alain Mosnier dimanche 26 novembre 2017