Mon cœur est tellement vide
que face à la mer il se remplirait d'eau
et si je devais faire une thrombose
alors ce serait du sable et je deviendrais la recouvrance de moi-même
ma propre cité abandonnée
je serais l'ensevelit perdu pour tous et l'on dirait de moi

Ici gît une civilisation de poèmes

Il y eu des larmes mais toutes sont mortes
Il y eu des rires et tous ont brûlé sous le soleil
Ce corps fut habité mais tous sont partis
Vers des algèbres inconnus
La mer renvoie parfois de lui les chances qu’il n’a pas sut saisir sous les pas des promeneurs qui eux ne savent pas les voir
L’océan se complète en lui
mais il reste calme et résigné
L’encéphale a cédé la place à de petits poissons éberlués
Et quand on lui disait que le cerveau était une éponge “on” ne croyait pas si bien dire
Par ses arches de calcaires ne soupirent plus que quelques grains déjetés par une nageoire insouciante
Et ses lentilles ont la taille d’un océan
L’homme était au sommet de la chaîne alimentaire mais là où il finit, il ne nourrit plus grand monde
Il cligne des yeux chaque nuit et le jour il regarde l’univers et ses plages noires
Cabello Alain Mosnier
mardi 5 décembre 2017