Synopsis : Snowball Earth est un poème gay construit comme une chanson en alexandrins consacré à un amour marqué par une grande différence d'âge. Face aux jugements des autres, le narrateur célèbre celui qu'il a aimé durant des décennies, jusqu'à imaginer leur union au-delà de la mort. Les cheveux et les poils blancs de son amant deviennent ceux d'une Terre à l'erre glacière, tandis que la mythologie grecque, les enfers, les constellations et les paysages cosmiques prolongent leur histoire d'amour. Entre sensualité, mémoire et imaginaire, ce poème fait de l'amour homosexuel une légende destinée à survivre au temps.
Nuancier de rimes : eune/u ; ène/in ; emble/ard ; ie/an ; ice/on ; ise/or ; ouffle/men ; ie/an ; ecte/ier ; ibde/oi ; oile/iel ; ie/an.
Les gens te reprochaient de m'avoir séduit jeune
On te disait pervers, oui, mais l'on s'était plu,
rien qu'un Monsieur Loyal s'enfilant son zigheune,
J’étais ce benjamin que tu chevauchais, nu
Bien sûr, je m’aperçois que nos baisers les gênent,
trente ans nous séparaient, ça dérangeaient certains
qui me voyaient enfant, dans ta gueule de hyène,
devenir le jouet, de ta boîte à pantins
Après vingt ans d'orgies, je vois que tu ressembles,
toujours à cet homme devenu mon gaillard
Certes, tu as vieilli, pourtant, c'est moi qui tremble,
lorsque tu me rejoins, mon beau Lazare, « Elʿazar » 1
1 « Dieu a aidé », étymologie arabe du saint.
Oui ce vieillard était tout l'amour de ma vie,
c'était mon prince, mon ami et mon amant,
nous partagions le fun, la joie, tout à l'envie,
tout à l'envers jusqu'à la mort et maintenant
Je t'offre encore mon corps, ma lèvre rosie,
quand tu la suces, la mordilles de tes dents,
je bois la peau de tes baisers jusqu'à la lie,
tu restes mon Hadès aux enfers brûlamment
Laisse-moi déballer le coffret de tes vices,
goûte à mes viscères, saccage ma raison,
laboure de tes doigts le petit orifice,
que je prête à la fleur mauve de ton chardon
Je veux ton vautour, ta charogne à tête grise,
que dans mes entrailles, son cou me ronge à mort
Déchaîne-toi sur moi, pisse sur nos églises,
et que baiser entre garçons leur donnent tort
Cannibalise-moi, aspire tous mes souffles
Tu as le poil snowball earth de ton abdomen
qui se frotte sur moi, m'écrase et me maroufle,
extrayant de nos œufs, l'abondant albumen
Oui ce vieillard était tout l'amour de ma vie,
c'était mon prince, mon ami et mon amant,
nous partagions le fun, la joie, tout à l'envie,
tout à l'envers jusqu'à la mort et maintenant
Je t'offre encore mon corps, ma lèvre rosie,
quand tu la suces, la mordilles de tes dents,
je bois la peau de tes baisers jusqu'à la lie,
sois mon Poséidon dans la mer coulamment
Cent ans sont écoulés, la terre nous humecte,
nous avons les os nus de ces gens oubliés,
mais la glèbe a gardé mes pages d'analectes,
tracées de lignes bleues faites pour m'attacher
Je me jette en entier dans tes trous de Charybde,
offre-moi tes évents, tout ce qui pue de toi,
ton chibre de Scylla, tes béances d'Haribde,
je ne veux plus être aux cieux qu'un cerf aux abois.
En constellation, brillons d'un jeu d'étoiles,
à jamais appelé « Les fileurs d'arcs-en-ciel »,
nos culs dans l'univers sur un bateau à voile,
baisant à la volée, les contempteurs de "iel"
Oui ce vieillard était tout l'amour de ma vie,
c'était mon prince, mon ami et mon amant,
nous partagions le fun, la joie, tout à l'envie,
tout à l'envers jusqu'à la mort et maintenant
Je t'offre encore mon corps, ma lèvre rosie,
quand tu la suces, la mordilles de tes dents,
ses eaux saumâtres sont tes fleurs d'ascidies,
mirifique Céto, ô monstre luisamment
Dans la même constellation (tranche d'âge) :
A. Cabello-Mosnier, le lundi 6 avril 2026