Synopsis : dans ce poème, je remplace les belles femmes des fontaines Wallace par de jeunes gens, ce qui est l'étymologie de "Kouros" et je me délecte de leurs eaux.
Mes poèmes ? Je les couche sur le papier et je baise avec. Je me fais juste moins chier avec les mots qu'avec les mecs.
Aux cariatides des fontaines Wallace
ruisselantes d'ombre et des eaux de leur bassin,
mes rêves mettaient des Atlantes à la place,
d'authentiques bergers, au charme italien
J'imaginais partout ces groupes callipyges
sur les places du Man, de Metz ou d'Avignon
leurs fesses rebondies tenaient bien du prodige
de celui que l'on veut trouver chez un garçon
Athlétiques joueurs, queues à vue dans leurs thermes,
les épaules creusées du dos jusqu'au séant,
la fonte remplacée par le bel épiderme,
de gaillards du monde, noirs ici, buns et blancs,
ils exhiberaient la flammèche de leur lampe
à huile de jeunes Aladin, frais et nus
dont on s'extasierait du prestige des hampes
prêtent à tous les excès, et d'effarants abus
Paris et ses quartiers réservent des surprises
et quoi que l'on raconte ou que les gens vous disent
Paname n'est pas que métro, boulot, dodos
car, quand on vient et qu'on dépose nos valises
ces fils d'Océanosdeviennent des salauds
bien plus joueurs, cul au soleil et pieds dans l'eau
Un jour que je buvais à même leur ceinture,
en m'appuyant sur eux, promeneur assoiffé,
j'entendis impromptu des bribes d'aventures
qu'ils voulurent par le détail me raconter
À chercher mon oreille, ils croisèrent ma bouche,
l'aspirèrent comme l'auraient fait des haleurs,
leur salive filait tel le jet d'une douche,
cerné par les lèvres de ces quatre baigneurs
"Viens boire au gobelet de nos petits prépuces,
ils sont faits d'argile et de calcaire blanchi
suces-en la cape, la diaphane aumusse,
et joue de nos méats toute l'après-midi
Au bas de nos ventres virevoltent la flûte,
et nos sacs pas plus gros qu'une fraise des bois,
s'agitent, s'envolent, retombent et chahutent,
ils sont le faix, quand nos hanches sont le charroi"
Paris et ses quartiers réservent des surprises
et quoi que l'on raconte ou que les gens vous disent
Paname n'est pas que métro, boulot, dodos
car, quand on vient et qu'on dépose nos valises
ces fils d'Océanosdeviennent des salauds
bien plus joueurs, cul au soleil et pieds dans l'eau
Vous avez l'arôme, le bouquet de fragrance,
des zigues qui jartent leur petit underwear,
agitent leurs fats joues, plaisantent et dansent
sur ces deux olives dont nous sommes si fiers
Fontaines Wallace, aphrodisiaques fesses,
conservez bien ce roux au cul et au pubis,
Votre tour dispense tellement de tendresses
à l'ombre de vos foins, flavescents et pastis
J'aspire à ce plaisir ô combien désultoire,
qui me pousse à chercher, votre ultime idéal,
fait de colonne d'eau et de sacs chrismatoires
ascidulés et fruits, lors des étés citrals
C'était un aperçu, une image du monde
qui anime mon esprit de jeunes Kouros
que ne dissimulent jamais rameau, ni bronde,
et tournoient tout le jour autour d'un omphalos
Le "mignon de couchette" est un amant que l'on tient le plus souvent au secret des autres, mais pas de son lit, au secret du cœur qui se révèle, distincts des amours que l'on montre.
Le mignon de couchette. —
Je hais la guerre et les excès,
Je fuis les débats et procès,
J'aime les voluptés plus douces,
Et telle ne se vante pas
D'une andouille de douze pouces
Que je lui donne à son repas.
— (Les frères Gébéodé, Bibliothèque bibliophilo-facétieuse, Ballets représentés à la cour des rois de France, depuis le règne de Henri IV jusqu'à l'époque de la Fronde ; deuxième publication ; [sans nom d'éditeur] 1854, page 45)
Ronsard (1524-1585), le grand, le célèbre Pierre Ronsard, brillant pour son amour inconditionnel des femmes et de l'Amour lui-même, se caractérise aussi pour son homophobie crasse (d'ailleurs, peut-on vraiment aimer l'Amour lorsqu'on s'en prend à celui qu'éprouvent les autres, dès lors qu'il est différent par l'orientation ?). Il me donne la désagréable impression d'avoir plus aimé ce qu'il fait de l'Amour que l'Amour lui-même.
Alors, je sais que le terme est largement apocryphe puisqu'il vient de l’anglais homophobia, créé en 1971 par Kenneth Smith dans l’article Homophobia : A tentative personality profile et popularisé en 1972 par le psychologue George Weinberg dans son livre Society and the Healthy Homosexual en 1972, puis intégré dans un dictionnaire de langue française à la fin des années 1990.
Ce qui est effrayant, c'est de se dire que si le mot homosexuel fut créé en 1869, il aura fallu attendre 101 ans pour que son aversion soit caractérisée. Ainsi, a-t-on dépénalisé l'homosexualité le 4 août 1982 en France avant que son rejet, sa détestation ne rejoigne enfin un dictionnaire.
Ce qui me dérange à chaque fois dans l'apocryphité d'un mot, c'est qu'elle semble supposer que, puisqu'il n'existait pas, ce qu'il désigne à postériori n'existait pas non plus. Je sais bien que les sociétés se placent en fonction des mots qu'elles inventent pour conceptualiser quelque chose, ou pour en prendre conscience, et que ce qu'elles désignent enfin, fini par devenir ce qui les préoccupe, mais là, nous parlons d'une homosexualité qui a toujours existé.
Donc, si l'on ne peut pas affirmer que Ronsard était homophobe au regard de son qualificatif moderne, on peut tout de même dire que ses poèmes parlant d'homosexualité eux l'étaient bien. Je dirais cela d'autant plus que, lorsque l'on est capable de s'en prendre au roi lui-même, ça ne laisse pas augurer d'une grande tendresse pour celles et ceux de ses contemporains qui l'étaient. J'ajouterais qu'il ne s'agit pas d'un quatrain grivois mais bien d'une succession de poèmes visant à discriminer les homosexuels.
Railler quelqu'un pour quelques raisons que ce soit, c'est donner à d'autres le grain qui manquait à sa bêtise pour qu'elle se répande.
________
En 1578, ilécrit ce poème pour se moquer de l'homosexualité d'Henri III (1551-1589) qui délaissait les "cons rondelets" pour les "culs blancs" des mignons de la cour.
Lors qu'il foute les culs, qui sont cons estrecis ;
Il tient le naturel de ceux de Médicis,
En prenant le devant, il imite son père !
Septidi 27 Prairial 221
Il écrit aussi, comme quoi l'homosexualité semble bien le turlupiner :
"Le roi comme l’on dit, accole, baise et lèche
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour;
Eux pour avoir argent, lui prêtent tour à tour
Leurs fessiers rebondis et endurent la brèche."
Synopsis : quitté, je tente d'infléchir dans cette chanson gay celui que j'aime plus que tout. Je remets dieu en cause, mon obsession de lui me hante, je le supplie de nous donner une chance.
Je traînais le refrain ♫ depuis des mois en réalité, d'abord sur mon portable, puis sur mon PC ; comme ce garçon imaginaire dont je parle, il me hantait, mais ce n'est qu'au début d'avril que j'ai commencé à travailler sérieusement dessus, même si, comme ce garçon que ce texte relate, il n'est pas parfait, mais je l'aime.
Tableau dit "Solitude", de Eduard Erlikh
Si j'étais un ange, je resterais un homme,
car l'Amour éternel n'a pas d'éternité
Nous ne pesons pas plus, que le poids d'un atome,
je crois que même Dieu devrait bien se peser
C'est peut-être chez lui que la bête se vautre,
à moins que ce soit nous, anges libidineux
aux petits culs d'Adams dont les balles d'épeautre
exposaient leurs corps nus aux foins d'autres angoreux
Seule l'éternité peut se dire éternelle,
en attendant ton corps manque souvent au mien
À travers l'espace du temps qui ne martèle
que des éclats de voix qui ne rimaient à rien
Et si, dans ton amour, ♫
il n'y a plus de place
je reviendrai toujours
là où nos corps s’enlacent
car je ne veux que toi,
ici et maintenant
malgré le désarroi
de ma douleur d'amant
Nos mots ont dessiné, une ligne de fuite,
pour moi ce qu'on s'est dit ne nous résumait pas
On ne détruit pas tout lorsque le ciel hésite
Comment te convaincre de rester près de moi
Ils ont dévalé les escaliers de Montmartre
filé à Saint-Germain par les rues de Paris
bousculé les bûchers, les harangues de Sartre
et n'ont pas su calmer nos chevaux de Marly
Apaisons nos esprits, nos colères de sphinges,
tout ça ce n'était rien, qu'un fracas de galets,
rien qu'une goutte d'eau sur une corde à linge,
l'accro d'une étoile qu'il faudrait repriser
Et si, dans ton amour, ♫
il n'y a plus de place
je reviendrai toujours
là où nos corps s’enlacent
car je ne veux que toi,
ici et maintenant
malgré le désarroi
de ma douleur d'amant
Alors viens avec moi, viens et dansons ensemble,
ce que l'on ressentait, nous faisait tant de bien,
je ne sais pas pourquoi, nos cellules s'assemblent
ne me laisse pas là, comme un Saint-Sébastien
C'est comme si le vent, soulevait la poussière
je ne peux t'oublier, me résoudre à finir
ce passage de nous, d'un clignement ciliaire
ne valions-nous pas plus qu'un simple repentir
Accorde-nous du temps et la joie d'une chance,
je nous apporterai la plus belle setlist,
des ailes et du vent, pour que nos mains balancent
et serai pardonneur, comme le fut le Christ
Et si, dans ton amour, ♫
il n'y a plus de place
je reviendrai toujours
là où nos corps s’enlacent
car je ne veux que toi,
ici et maintenant
malgré le désarroi
de ma douleur d'amant
Mais si, dans ton amour,
il n'y a plus de place
te jure que pour toujours
j'en chercherai la trace
Synopsis : je vis dans un pays ou à une époque lors de laquelle nous n'avions pas la liberté de nous tenir la main.
Certes, je n'ai pas eu la vie dont je rêvais,
ni celle qu'un garçon eut pu vouloir pour lui,
pas plus celle que ma mère aurait souhaité,
elle qui n'envisageait qu'un seul sens à « ami :
des copains de moissons, qui descendaient des fermes,
bras dessus, bras dessous. » Seulement, dans les granges
se mêlaient aux bovins, d'autres couleurs de dermes
De leur gland de fermiers sortaient des giclées d'anges
Alors bien-sûr, j'ai eu de ces moments fameux
où mon cœur s'est serré, pour l'un de ces mentons,
pour un bras replié, le parfum capiteux,
d'une aisselle poilue à l'hirsute chardon
J'ai vu des tailles se dénuder ; monolithe
et mousse colorés d'inflorescences rousses
comme si nos amours devaient être une fuite,
offrants nos gros agneaux à la carde des drousses
Mais, je n'ai jamais eu droit au clos de l'Amour,
à la corne d'or et d'abondance des draps,
qui se montrent froissés dès la levée du jour,
par ces torses musclés que contiennent nos bras
J'ai sifflé dans les champs, bu à l'eau des fontaines,
mais jamais de baisers, sinon qu'une main chasse,
à deviner là, le sillon brun de leur aine,
ou ce bœuf gravide qui nonchalamment passe
Vous savez ce qui me manque le plus ? Leur corps
lié au mien, pouvoir, leur caresser la main,
rejoindre la lune, nous asseoir sur le bord,
tel Pierrot amoureux de son bel Arlequin
J'apprends avec ma peine de poète LGBT la mort, ce 2 juin 2026, de Patrick Negrier (1956-2026) qui était l'un de mes plus brillants intervenants sur ce blog. Patrick était un philosophe de l'ésotérisme, auteur de nombreux ouvrages et un incollable sur la Beat Generation. Sa culture insatiable et sa gentillesse m'avaient immédiatement frappé.
Je sais bien que tout mène à la mort des anges, mais lui, c'était un ange architecte, avec le compas et l'équerre à la ceinture.
L'on ne peut tomber plus bas
Que tombes gisant ici-bas
Sous la pierre femmes ou cloportes
Gît la vie que la mort emporte
Je vous transmets le dernier commentaire qu'il avait publié le lundi 08 septembre 2025 à 15:28 avec ce texte de Jack Kerouac qu'il souhaitait porter à mon attention.
« 213° chorus.
Poème dédié à Allen Ginsberg…
Laboure mon amour –
tire ma raie – sens mon sang –
freine ma sirène – pince ma pine –
tire ma languette – chante mon but –
coule ma boule…
couche mon caissier en déchéance –
suce mon lampadaire, lève le fléau,
pends le traître
dans mon cerveau.
Remplis bien mon seau…
Souris aux dames,
reviens de l’enfer ».
(Jack KEROUAC, « 213° chorus » dans Mexico City Blues, écrit en 1955, publié en 1959, Paris, Gallimard 2022, p. 229).
Synopsis : amoureux, je me croyais protégé par l'amour lui-même jusqu'à ce que le regard de mon amant se tourne vers un garçon plus jeune, plus beau. 60 vers hexasyllabes avec refrains ♫.
Portion of painting called (The Calanque Family) by F.C.B. Cadell
On s'est dit tant de choses,
pleurés, fait des serments,
pour moi l'apothéose
devait durer mille ans
Qui s'aime bien s'assemblent,
ta verge est mon bédo,
longue Nouvelle-Zemble,
on dirait un mégot
Je baisais tes aisselles,
te respirais les pieds,
je léchais les ocelles
de tes seins qui pontaient
Quand tu disais « je t'aime »
je ne voyais que nous,
que ton visage blême,
et ton air de Vishnou
Et puis elle est venue,
cette ombre de garçon,
se glisser ingénue
avec son air trognon
qui signait la déprime,
comment un gars pareil,
peut être aussi sublime
et narguer le soleil
Toutes les fleurs du monde
ne te suffiront pas,
entends mon cœur qui gronde
et s'éloigne déjà
J'ai dû baisser la garde,
me penser à l'abri,
mais quand tu le regardes,
je crois que tout est dit
Parfois la vie nous toise
sans trop savoir pourquoi,
comme si une ardoise
effacait tout de moi
Je ne fais pas la tête,
celle des mauvais jours,
mais je crois que la fête,
pour moi a tourné court
Certes, je t'aime encore,
me reste l'univers,
d'un amour monocore
que je déclame en vers
Tout m'est insurmontable
devenu fade et mou
tu brûles un retable
dans un incendie roux
Tandis que je suffoque
fébrile et haletant
l'Amour lui nous extorque
de la vie et du temps
Toutes les fleurs du monde
ne te suffiront pas,
entends mon cœur qui gronde
et s'éloigne déjà
Toutes les fleurs du monde
connaitront le trépas
L'amour est une sonde
qui tourne et puis s'en va
Rejoins donc le théâtre
de ce corps idéal
dont le pubis rougeâtre
couve un feu hyménal
Sens, parmi ses fleurs rousses,
d'or, d'ambres et de soirs,
l'odeur de ses secousses,
sous tes coups de boutoir
File abréviateur,
va-t’en litiphagos, (mangeurs de l'Oubli)
ses yeux ont la couleur
des gamins de Paros
Son torse juvénile,
attend dès le matin,
tes reins conchyophiles(1)
et vos amours sylvains
Je suis ce genre d'homme
qui n'existe que seul
loin des filtres, des baumes
et de tes poils tilleul
Pour moi, tu es un songe
qui ôte ses baskets,
un garçon qui me ronge,
ô, éternelle sket
Toutes les fleurs du monde
ne te suffiront pas,
entends mon cœur qui gronde
et s'éloigne déjà
Toutes les fleurs du monde
connaitront le trépas
L'amour est une sonde
qui tourne et puis s'en va
(1) Collectionneur des coquillages de son corps que sont ses fesses, ses bourses, ses genoux…
Synopsis : je chante l'amour avec un garçon à Paris et le poème m'emmène à la recherche des gays du monde, ceux qui font notre histoire, homophobes compris. 64 vers heptasyllabes avec refrains ♫.
Tu es mon Dody y d'amour
Oh oui mon Dody d'amour
que j'aimerais pour toujours
Tu es mon Dody d'amour
Mon petit Dody d'amour
allons visiter Beaubourg
Je veux voir le quai d'Orsay,
toutes les salles du Louvre
Les bleus de la royauté
que la sainte chapelle ouvre
Tous les deux main dans la main, rue de la Bretonnerie,
nous pourrions prendre pas loin
café et viennoiseries
Synopsis : Marc est un de mes plus anciens massé que je vouvoie et respecte, tutoie et désire, et plus le délire sexuel s'installe entre fantasme et réalité, massage et sexualité, plus je confonds les pronoms personnels jusqu'au sein d'une même strophe. Le poème fait suite à MARC (déshabillé).
Alexandrins de 40 vers
L'ange du chaos et de la destruction,
l'aisselle archipoilue, aux boucles circinales,
venait majestueux dans ses anudations,
noirci de menu vair, la crosse cardinale
Vous vous allongiez, nu, sur votre petit loir,
pour vous laisser masser comme ces fleurs inertes,
gigantesque, odorant, abominable et noir,
le corps qui attire, révulse et déconcerte
Je convoitais câlin, tous vos trous de chaleur
L'un après l'autre, te reniflant l'encolure
de l'anus imprégné par vos fortes odeurs
que ma langue léchait à même la froissure
Je vous prends les orteils, te les masse des doigts,
d'huile et de salive, ma langue s'y ajuste,
votre torse clouté, tel un drag queen sur moi,
avec pour talons haut des mamelons robustes
Puis, vous vous retourniez, toxique et vénéneux,
le ciboire blanchit par l'hostie des prépuces,
votre Maure coiffé de son tortilsquameux,
fait d'anges écrasés sous de douteux capuces
Votre gland rouge se tapissait de muguet,
de vestales folles devenues bacchanales,
l'anus béant comme la bouche d'un noyer,
donnant ses pustules et ses odeurs anales
Nourrissez-vous de moi, nourrissez-moi de vous,
Par votre massage, je m'instruis de l'histoire,
des nus qui s'affrontent, dans l'âtre des cantous
que vous éclaboussez de désirs provisoires
Mettez-moi à nu, mettez-vous à mort, pas plus
Guidons votre taureau vers mon étable ronde
Amenez le troupeau des bovins disparus
Vous trouverez fendu, mangeoire à pailles blondes
Placez vos mains charnues sur mes cuisses d'agneau,
préparez mon anus pour cet enfant sans âme,
et gavez de lait sa gueule de petit veau
qui, à peine venu, meugle, pleure et réclame
Je suis l'esclave d'un vice, « pinez-moi Marc,
fichez-moi de cible rose, aguicheuse et moite,
l'arbalète tendue comme celle d'un arc, »
dites-moi que vous êtes, le Diable qui me doigte
Je sais, tu m'as aimé, sans n'avoir pu le dire
Et moi je n'ai pas vu, pas voulu voir le pire,
Ce sentiment si fort qui nous reliait en un
Et négligeait le corps par amitié d'emprunt
Parce que ce n'était qu'harmonie entre nous,
La passion se couvrait de rires et d'humour...
Mais je n'ai pas compris tes blagues au détour
Quand tu cherchais plus loin que de simples bisous
Tu m'allégeais la vie et me comblais de joie
Et, pourtant, tu souffrais de ton physique ingrat ;
Je te voyais souvent et rien ne nous gênait
Or ce triste soir-là, tu as tiré un trait.
Je ne pouvais étendre un amour amical
Au sexe libertin, débordant et sordide :
Je te voulais pour moi, et ce fut un suicide
Que de te voir dissous dans ton sombre bocal
Alors, on s'est quitté ; le jour était de trop —
Toi, cheval offensé ; moi, pantois, comme un sot —
Cinq années ont passé et rien n'est revenu,
Ni l'épique, ni l'âme... Une histoire perdue.
20/06/2023
20 avril 2026
Tactiques de combat à l'épée, Allemagne, XVe siècle
Le 14 avril 1578, Pierre de L'Estoile (1546-1611) note dans son journal qu'un de ses « amis » a composé plusieurs sonnets « piquants » à propos des célèbres Mignons du roi Henri III. Le sonnet homophobe que je vous propose là est attribué à Pierre Ronsard (lui-même :
Version en vieux français
II me desplaist beaucoup qu'une nouvelle marche
Offusque le Flambeau du naturel Amour
II m'attriste d'ouïr ce qu'on dit de la Cour
Mon visage d'ennui [s'enjaunit] et dessèche.
Le Roy comme l'on dit accole baise et lesche
De ses poupins Mignons le taint frais nuit et jour
Eux pour avoir argent, lui prestent tour à tour
Leurs Fessiers rebondis et endurent la bresche.
Ces culs devenus cons, engouffrent plus de biens
Que le Gouffre de Scylle hay des Anciens,
Et auroit mieux valu pour le bien de la France,
Qu'Henri second du nom à qui je fus donné,
Bien qu'il desplaise aux Dieu [sic] eust les culs bouquiné
Que défaire un Néron de sa noble Semence.
II me déplait beaucoup qu'une nouvelle marche
Offusque le Flambeau du naturel Amour
II m'attriste d'entendre ce qu'on dit de la Cour
Mon visage d'ennui [s'enjaunit] et dessèche.
Le Roi comme l'on dit accole, baise et lèche
De ses poupins Mignons le teint frais nuit et jour
Eux pour avoir argent, lui pressent tour à tour
Leurs fessiers rebondis, et endurent la brèche (sodomie).
Ces culs devenus cons, engouffrent plus de biens
Que le Gouffre de Scylla haït des Anciens,
Et aurait mieux valu pour le bien de la France,
Qu'Henri second du nom à qui je fus donné,
Bien qu'il déplaise aux Dieu eut les culs bouquinés (Copuler, pour un bouc, un lapin ou un lièvre.)
Que défaire un Néron de sa noble Semence.
Pierre de L'Estoile, Registre-journal du règne de Henri III, éds. Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck, six volumes, Genève, Droz, 1992-2003, ici vol. II, 1996, p. 183-184. Toutes les références à cette édition seront incluses entre parenthèses dans notre texte. Le mot « s'enjaunit », illisible dans le manuscrit de L'Estoile, apparaît dans Pierre de Ronsard, Œuvres complètes II, éds. Jean Céard, Daniel Ménager et Michel Simonin, Paris, Gallimard, 1994, p. 1247. Le vers 10 dans cette édition contient le mot « Scylle », au lieu de « Scylla », qui rend le ver faux dans la transcription de L'Estoile.
Synopsis : Marc est l'un de mes massés avec lequel j'ai vraiment pu expérimenter en profondeur l'art du massage, puisque c'est mon métier et l'objet de toutes mes recherches au sein du cfdrm.fr. Non seulement il a largement participé à me permettre vivre de ma passion, mais les libertés créatives et les prises de notes que je faisais en cours de séances, furent décisives.
Nos rapports sont toujours restés professionnels, même si mes expériences m'ont fait l'approcher de manière que je qualifierais de "pas usuelle" mais de toujours respectueuse et jamais frontalement sexualisée. La suite, c'est MARC (massé).
Alexandrins de 52 vers et là, j'en écris un nouveau dans lequel je baise plus imaginairement avec lui.
Jamais massage n'eut de carnet tel que vous,
de pages à croquis, ni jamais si souvent
hommes se sont tenus, habillés et debout,
prêts à s'abandonner, clocher et cloche au vent
Encharogné de brun, vous meurtrissiez la ville
de vos marais gonflés de crues inapaisées,
la chemise remplie d'une toison tranquille,
qu'il me fallait ouvrir sur des jours pénombrés
Je vous déboutonnais le col puis, une à une,
regardais bâiller vos boutonnières de mer
sur leurs byssus de lin là pour toute fortune
et dont les ourlets fins, vous montraient torse ouvert
Petit pêcheur heureux, je cherchais le pétoncle
de vos tétons salés d'un sel himalayen,
rosâtre, qui tirait sur le rouge carboncle,
rubis qui prenaient la poussière des chemins
J'en léchais vos béryls, fait de sueurs et d'eaux
n'osant pas sous vos bras, me gaver des candeurs,
de vos puits parfumés par d'immondes déos,
qui repoussaient par trop l'intrépide masseur
Cette fève d'huile parcourue d'aventure,
offrait tous ses charniers putoisés par les morts,
C'est l'empreinte d'un pas que laisse la chaussure,
d'un criminel heureux et surtout, sans remords
Renversez l'encrier de vos larges aisselles
pour que mes pupilles s'y jettent et se noient
C'est de toutes les morts, sans doute la plus belle,
à choisir la mienne, la sueur est mon choix
J'aimerais qu'elles soient mon bandeau de pirate,
qu'elles mouillent mon œil, de leurs tristes vaisseaux,
asperger votre sein de mon sang écarlate
et périr par le trait de vos cruels Verseaux
Ma langue vous massait le ventre et le nombril,
détachait ceinture, braguette et pantalon,
dévorant vos dessous, qui me mettait au fil
non pas de l'épée, mais de confus caleçons
C'est la hanche large, et puis votre ange qui pointe,
endormi sous la soie, il remplit son barnum,
de ses fruits, ses fleurs, ses courbes de coloquinte,
là où Dieu a voulu, nos jutes et cordum
Je le sors et le sens, votre sexe est d'épices,
c'est un extrait des cieux désiré par l'Amour,
un exsudat de saveur, qui bande et qui pisse,
porcelaine de chair, qui valait le détour
Je renifle son dais, mais j'en garde les plumes
de vipère aztèque sous les feux d'un vitrail
Répandant ces relents et ces rouilles d'enclume,
tel un manga tout nu dessiné pour hentai
J'écarte vos fesses, j'en remplis mes poumons,
puis dévore de vous l'orifice aboral,
par lequel ne sortent jamais que nos démons,
mais duquel s'inspire ce poème immoral
Synopsis : Nicolas est aussi réel que ce que je décris dans ce poème. J'étais, je suis et je resterai complètement addict à ce garçon avec lequel j'ai baisé plus de dix ans et avec lequel les choses vont changer puisque je pars en octobre 2026 vivre définitivement à Clermont-Ferrand, lorsque lui est à Paris.
Alexandrins de 54 vers
Nicolas mon amour, mon bel et rude amant,
combien à tes côtés, il m'aurait plu de vivre
Pense à ces parties de nous, chaudes en dedans,
toutes si densément poilues qui nous enivrent
J'ai sublimé ton corps, tes rigueurs d'acajou,
marqués d'espaces bruns, de fentes marennines,
aisselle et borgneux (1)blets qui plaçaient leurs Ankous, (2)
contre mes traits de boy mi-gamin, mi-gamine
Ton souffle haletant, toujours derrière moi,
je sentais friser tes laines de bergers basques
qui m'effleuraient le dos et la masse du doigt,
dont l'immense lourdeur était de verge flasque
Ta biroute molle et ton prépuce pointu,
enfermaient, puamment, les pertes humescentes,
d'un cabochonord qui sentait l'ange déchu,
le vice, l'incurie et la femme méchante
...elle est si chaude, et si épaisse que mon corps,
tressaille de désirs et frisonne d'extase
C'est l'inquisition et puis la mise à mort,
de Onan masturbé, jusqu'à l'ultime épectase
Maître et antique fils, pourquoi es-tu si beau,
nu comme Caïn, tu as le poignard au ventre
Je gis de sperme et de sang, ombre et caniveau
lorsque mon âme sort, c'est ta lame qui entre,
amoureux pour toujours de tes abjections
« Crève, me disais-tu, viens, avale ma merde,
les bovins de mon cul, turpides mixtions,
dévaleront sur toi, les troupeaux de mes herdes »
L'esprit dérangé, moi, bergerot des enfers,
auquel tu donnais ta noire monnaie de lune,
je me satisfaisais du misérable avers,
me disant de la vie qu'il n'y en avait qu'une
Si je pouvais contre moi te garder mesquin,
je te reniflerai à devenir débiles
De tous les Nicolas, il n'y en avait qu'un
qui pouvait me donner ses liqueurs atrabiles
Sois nu, encore une fois, tout en nu, scabreux Réenlève ton slip, écarte-toi les fesses,
remontre-moi ton trou et je serai heureux
Laisse-moi l'admirer à défaut de tendresse
De nuit comme de jour, je veux voir tous tes poils,
les sentir, les frôler, en jouant de ma langue
dans l'éventrement de tes breuilles de juoils
L’aisselle en charmille devenue ma varangue
Par pitié, reste nu, tout nu, toute la nuit,
que ton anus bleu, soit mon unique oxygène
Que je sache ce qu'est que de vivre aujourd'hui,
avec toi pas douché de toute la semaine
Nicolas empereur, ambitieux Trajan,
tu contemplais ton corps dans un miroir de cuivre,
chasseur ithyphalle, sculptés de marbre blanc,
main sur l'arbalète, et flèches gonflant ton quivre
Mon si beau Nicolas, mon lumineux amant,
saches qu'à tes côtés, il m'aurait plu de vivre
Alain Cabello-Mosnier
samedi 11 avril 2026
1 "Borgneux" néologisme que j'ai créé pour désigner l'anus qui paraît comme un œil crevé. 2Ankous : j'ai absolument tenu à le mettre au pluriel et en faire, par antonomase, un nom commun, afin que chacune des aisselles de Nicolas devienne la personnification de la mort elle-même ; l'anus putride de Nicolas, devait aussi avoir la sienne, la Mort devait y habiter et moi avec elle, dans son cul.
Synopsis : le "snowball earth" c'est l'état de la terre à l'ère glaciaire que je compare aux cheveux blancs de mon amant. Je fus donc, dans ce poème, un très jeune homme qui eut pour partenaire quelqu'un de beaucoup plus âgé que lui et qui adorait ça. Vingt ans plus tard, si notre différence d'âge questionnait toujours autant, moi, j'adorais mon homme et à présent que lui et moi sommes morts, nous continuons à copuler dans les étoiles, sans oublier de passer par les orifices de la mythologie grecque.
Les gens te reprochaient de m'avoir séduit jeune
On te disait pervers, oui, mais l'on s'était plu,
rien qu'un Monsieur Loyal s'enfilant son zigheune,
J’étais ce benjamin que tu chevauchais, nu
Bien sûr, je m’aperçois que nos baisers les gênent,
trente ans nous séparaient, ça dérangeaient certains
qui me voyaient enfant, dans ta gueule de hyène,
devenir le jouet, de ta boîte à pantins
Après vingt ans d'orgies, je vois que tu ressembles,
toujours à cet homme devenu mon gaillard
Certes, tu as vieilli, pourtant, c'est moi qui tremble,
lorsque tu me rejoins, mon beau Lazare, « Elʿazar » 1
1 « Dieu a aidé », étymologie arabe du saint.
Oui ce vieillard était tout l'amour de ma vie,
c'était mon prince, mon ami et mon amant,
nous partagions le fun, la joie, tout à l'envie,
tout à l'envers jusqu'à la mort et maintenant
Je t'offre encore mon corps, ma lèvre rosie,
quand tu la suces, la mordilles de tes dents,
je bois la peau de tes baisers jusqu'à la lie,
tu restes mon Hadès aux enfers brûlamment
Laisse-moi déballer le coffret de tes vices,
goûte à mes viscères, saccage ma raison,
laboure de tes doigts le petit orifice,
que je prête à la fleur mauve de ton chardon
Je veux ton vautour, ta charogne à tête grise,
que dans mes entrailles, son cou me ronge à mort
Déchaîne-toi sur moi, pisse sur nos églises,
et que baiser entre garçons leur donnent tort
Cannibalise-moi, aspire tous mes souffles
Tu as le poil snowball earth de ton abdomen
qui se frotte sur moi, m'écrase et me maroufle,
extrayant de nos œufs, l'abondant albumen
Oui ce vieillard était tout l'amour de ma vie,
c'était mon prince, mon ami et mon amant,
nous partagions le fun, la joie, tout à l'envie,
tout à l'envers jusqu'à la mort et maintenant
Je t'offre encore mon corps, ma lèvre rosie,
quand tu la suces, la mordilles de tes dents,
je bois la peau de tes baisers jusqu'à la lie,
sois mon Poséidon dans la mer coulamment
Cent ans sont écoulés, la terre nous humecte,
nous avons les os nus de ces gens oubliés,
mais la glèbe a gardé mes pages d'analectes,
tracées de lignes bleues faites pour m'attacher
Je me jette en entier dans tes trous de Charybde,
offre-moi tes évents, tout ce qui pue de toi,
ton chibre de Scylla, tes béances d'Haribde,
je ne veux plus être aux cieux qu'un cerf aux abois.
En constellation, brillons d'un jeu d'étoiles,
à jamais appelé « Les fileurs d'arcs-en-ciel »,
nos culs dans l'univers sur un bateau à voile,
baisant à la volée, les contempteurs de "iel"
Oui ce vieillard était tout l'amour de ma vie,
c'était mon prince, mon ami et mon amant,
nous partagions le fun, la joie, tout à l'envie,
tout à l'envers jusqu'à la mort et maintenant
Je t'offre encore mon corps, ma lèvre rosie,
quand tu la suces, la mordilles de tes dents,
ses eaux saumâtres sont tes fleurs d'ascidies,
mirifique Céto, ô monstre luisamment
Instant-poesie de Dany Laferriere par France Culture, ici.
Des grandes figures de la poésie haïtienne à des autrices canadiennes d'aujourd'hui, la carte blanche offerte à l'écrivain et académicien Dany Laferrière révèle les 20 poèmes qui l'ont porté, et qui l'accompagnent encore aujourd'hui.
Écrivain, peintre et cinéaste, Dany Laferrière construit depuis 40 ans une œuvre prolifique composée de 38 livres, traduite partout dans le monde, qui lui a valu le Prix Médicis en 2009 pour son roman L'Enigme du retour et son élection à l’Académie française en 2013. Originaire de Haïti, Dany Laferrière s'est exilé au Canada dans les années 1970 où il travaille à l'usine, avant de connaître un succès inattendu avec son premier roman paru en 1985 Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer.
Depuis son enfance, la poésie haïtienne n'a cessé de le suivre et de l'habiter. L'écrivain français Paul Morand aurait dit en 1930 lors de son passage à Port-au-Prince : "En Haïti, tout finit par un recueil de poèmes." Cette tradition poétique se retrouve très particulièrement dans la sélection que nous propose Dany Laferrière, à travers notamment les figures de Davertige, Carl Brouard, Magloire-Saint-Aude, René Depestre ou encore Gaston Miron. On y entend également le premier poème écrit en créole dans l'histoire de la littérature, signé Duvivier de la Mahautière en 1757. L'Académicien évoque aussi sa passion pour la poésie japonaise de Lipo (ou Li Bai) et Lu Yu ou encore son amour infini pour l'écrivain argentin Jorge Luis Borges. Et il nous fait découvrir des œuvres plus contemporaines et encore assez méconnues en France, celles des poétesses canadiennes comme Denise Desautels ou Joséphine Bacon.
Une collection proposée par Camille Renard
Avec la collaboration de Pascaline Bonnet et Roxanne Natta
Réalisation : Daphné Leblond
Textes lus par Sarah Jean-Baptiste, Camille Léon-Fucien, Dana Fiaque et Roberto Jean
Carte blanche graphique : l'illustrateur et auteur de bande dessinée canadien Jimmy Suzan accompagne les poèmes de ses créations originales, diffusées sur le site et les réseaux sociaux de France Culture
Un grand merci à Camille Robitaille pour sa collaboration
Depuis septembre 2025, la collection de podcasts L’Instant poésie est adaptée dans un livre de 300 pages, publié aux Éditions Seghers, dans lequel sont reproduits les commentaires des passeurs, les poèmes qu’ils ont sélectionnés ainsi que les différentes illustrations qui accompagnent chaque épisode.
Synopsis : un vieux poète se rend compte qu'il n'a jamais vraiment aimé ni été aimé en retour et qui, au soir de sa vie, se contente d'imaginer l'Amour en alexandrins léonins, comme ses rêves les lui content jusqu'à ce qu'il s'endorme.
Dans la troisième strophe connotée, « Art nouveau », façon Alphonse Mucha (, ce garçon seul espère en rencontrer un autre sous la lune. Dans le vers qui suit, au lieu d'une bougie, il s'éclaire d'un encensoir qui produit une fumée mystique. Et là, toute la fortune de cet amant, c'est de l'encens qu'il brûle pour un vœu.
Écrit ce soir
Jamais hélas baisers, n'auront enseveli,
mon cœur tant affamé, mon corps à l'infini,
ni point plus aucune main à la mienne offerte,
n'aura le lendemain la joie de croire ouverte,
mon alcôve à l'Amour, pour un regard de toi,
beau garçon que le jour, efface de mes draps,
comme si te sentir m'était trop beau présent,
et qu'à la nuit mentir, m'apaisait lentement
Je t'attends tous les soirs, m'éclaire de la lune,
d'un petit encensoir immolant sa fortune,
pour que naissent des nues, tes reins dans la pénombre,
avant qu'épaules nues, disparaissent et sombrent
Je souffre et sanglote, mes amants sont ce rêve,
à courbe asymptote, qui résolue, m'achève
Sois ma géométrie, mon compas, mon crayon,
la belle asymétrie entre rêve et raison
Synopsis : Nous sommes deux marins amoureux.
Alexandrins léonins de quatre-vingt-huit vers jouant avec trente-six rimes uniques avec refrains ♫.
Mon front contre ton cou, respirant ton parfum,
il ne restait de nous que ces reflets aubains
Quand je te regardais, moi, je n'y croyais pas,
ce que mon cœur disait, tu l'entendais déjà
Alors, dis mon amour, passerai-tu ta vie
à l'ombre d'une tour envahie d'abélies *
Savais-tu qu'en hébreu, Abel veut dire « souffle »,
le mien est numineux, et jamais ne s'essouffle
Nous sommes deux garçons, ciré et nez au vent,
deux gars qui tiennent bon, et se veulent amants.
De valeureux marins, des sillonneurs de mers,
qui vont, tapes aux reins, se goinfrer des enfers
Loin des cachinnateurs, des moqueurs de puissance,
implorons le bonheur de nos mets de naissance
Chèvre perchée en haut de tes pentes motelles,
j'y venais lécher l'eau salée de tes aisselles
Sans craindre la chute, l'empire de la mort,
qui tire et chalute des quantités de corps
Sous tes bras sauvages, je déployais astral,
le trésor sans âge, de cet antre claustral
Elles semblaient une de ces très vieilles cartes,
éclairées de lune, et d'abysses que j'essarte,
telle est ma passion, l'aisselle est mon Grand Œuvre,
océan de lussions, de planctons et de pieuvres
Nous sommes deux garçons, ciré et nez au vent,
deux gars qui tiennent bon, et se veulent amants.
De valeureux marins, des sillonneurs de mers,
qui vont, tapes aux reins, se goinfrer des enfers
Je crois souvent périr de nos lampes éteintes,
c'est comme si dormir me privait d'une éteinte
Ta peau sent les flammes, torture à braises rousses
qui rougeoie, se pâme, Dieu que ta chatte est douce
Infâme merdeuse et rouge fèces de coq,
ornière argileuse, pourvoyeuse d'estocs
Offre-moi le monde, loin des chants de Vénus,
et tes fesses rondes à profil de Janus
qui montre ses faces d'hommes lasiopyges,
petites brutasses dont la beauté vous fige
Tel un voile de feuil, rosissant sur tes cuisses,
captif de mes reseuils s'expose à mes sévices
De valeureux marins, des sillonneurs de mers,
qui vont, tapes aux reins, se goinfrer des enfers
Nous sommes deux garçons, ciré et nez au vent,
deux gars qui tiennent bon, et se veulent amants.
* Le non d'abelia fut donné en hommage à Clarke Abelqui la découvrit en Chine
Pour l’historien de l’art Thomas Schlesser, la poésie est un outil d’émancipation individuelle, mais aussi une manière d’accéder à l’universel. Un élan qui vient "à la fois de l’être et du fond des âges".
Toutes les femmes s’étonnent De ton goût dénaturé : Il est ennemi juré Du plaisir qu’elles nous donnent. Bougre sans comparaison, C’est offenser la raison Que leur déclarer la guerre. Sois-leur désormais plus doux : Elles ont mis sur la terre Les beaux garçons que tu fous.
Comme chaque année la RATP sélectionne des vers destinés à être affichés dans le métro parisien. Cette année, le jury est présidé par Benjamin Millepied, afin de sélectionner 10 lauréats, pour trois Grands Prix (Grand Prix Enfants, Grand Prix Jeunes et Grand Prix Adultes). Les lauréats verront leur œuvre affichée sur l’ensemble du réseau RATP pendant les deux mois d’été et seront ainsi lus par des millions de voyageurs chaque jour !
Nous avons hâte de vous lire, bonne chance à tous !
Moi j'ai envoyé :
Nous sommes deux garçons, ciré et nez au vent,
deux gars qui tiennent bon, et se veulent amants. De valeureux marins, des sillonneurs de mers,
qui vont, tapes aux reins, se goinfrer des enfers
Alexandrins de quarante huit vers à rimes uniques MMFF, MMFF - MMMM, MMMM Nuancier de rimes : é/ouche ; ant/eille ; us/eux ; ou/ars ; or/ane ; eul/ige ; ir/eur ; i/in ; ion/aime ; our/asme ; on/aux ; us/ieux.
Synopsis : le garçon semble, sinon triste et malheureux, en tout cas nostalgique de l'Amour qu'il n'a jamais rencontré. Il rêve d'avoir un amoureux et pourtant, dès qu'un homme tente de le séduire, il le fuit et préfère se satisfaire tout seul.
Ramasse les morceaux du sceau que j'ai brisé
en essayant d'aimer comme je t'ai aimé
Ramasses-en les bris, mets-les-moi dans la bouche,
sanguinolents et morts avant que ne se couchent,
les souvenirs heureux et les soleils brûlants,
qui rampent sous ma peau, pareils à des serpents
Ils mordent mes yeux, et sifflent à mes oreilles,
épanchant leur venin dans mes veines vermeilles
Je ne sais plus, ni où, ni comment t'aimer plus,
jeter à l'édredon la fleur d'agnus-castus
Que suis-je sinon que cet enfant amoureux
qui veut pouvoir aimer, sans vouloir être deux
Je crois que c'est tout seul que je me noie de nous,
dans les sanglantes eaux qui suintent d'un bayou
Tes Minerves d'argent, loin des asseaux de Mars,
offraient leur phalle blanc, de jolis Curés d'Ars
Viens-t'en nu, et baise-moi jusque dans la mort, débitume mon cul, prend mon âme et mon corps,
moi qui chéris de nous, le berger et son âne,
ta bouche de baisers qui tendrement nous tannent
Et puis me voici de nouveau haletant, seul
agitant mes chiffons de calcanthes* glaïeuls *(prépuce couvert de merde dite "fleur de cuivre")
comme si vos lunes me coloraient la tige,
et que ma bite coulait sous le poids d'un vertige
Je me branle et m'en veux d'éviter ou de fuir,
l'homme qui voudrait me prendre, m'assauvagir
sous le faix de ses os, salives et sueurs
dégoulinants de lui, pareils à un malheur
N'est-on point assez seul à se voir asservi,
que libre de l'être, comme on l'est dans un lit
C'est pourquoi, j'ai choisi d'aimer vos bas-jardins
où dansent sans cesse vos queues de ballerins
Mais je préfère mon imagination,
à vos fourbes vols de petits alérions
qui ne voient guère de moi qu'un jeu pour eux-mêmes.
Pendus à mes branches, bréants et eurylaimes
Vous m'ignorez ? Je vous snobe comme l'amour,
puisque vous refusez de jouer dans ma cour,
celle que je remplis d'incroyables fantasmes,
me couvrant de miel en brèche et poudres d'empasmes
Assieds-toi fourrier, et ôtes mon ceinturon,
je vais te masturber de cent mille façons,
te renifler du cul à l'aisselle, tayaut,
tayaut, crierais-je à pourchasser tes sanglots
Écœurant Adonis, aberrante ludus,
puant des pieds et des béances de l'anus
Je me pâme, cambre mes reins, ferme les yeux,
puis regarde au loin, mes élans artérieux
Je sais bien, qu'un autre garçon est dans ton cœur
Je sais bien, que je ne suis pas à la hauteur
que nous deux attend un rêve qui ne vient pas
que nous deux, toi et moi, ça ne suffira pas
Et pourtant, mon corps ne regarde que vers toi
mais comment, oublier le timbre de ta voix ?
Tu n'aurais, jamais dû me répéter « Je t'aime ».
Tu n'aurais jamais dû, mais tu l'as fait quand même
Lever les yeux vers moi, avec cet air de fête
Et moi, je reste là avec toi dans la tête
Tendrement, tendrement, tendrement avec toi
Et puis quoi, et puis quoi, et puis quoi maintenant ?
Je te veux, je te veux, je te veux tellement
Que le vent, que le vent, rend le vent malheureux
Laisse-nous encore la chance d'être ensemble
Laisse-nous le choix de cavaler au même amble
qu'un cheval qui attend immense et formidable
ton cheval, crins au vent, les sabots dans le sable
Et pourtant nous sommes pareils à ces amants
Qui s'attirent, s'aiment tout en se déchirant
Je n'aurais jamais cru pouvoir autant aimer
tu es mon chien de feu, qui, pour deux brûlerait
Je veux te respirer et embraser ta peau
tes hanches débraillées, pareil à un poulbot
Revanchard, revanchard, revanchard, et chafouin
Qui pour rien, pour rien, rien au monde, n'est fêtard
S'apitoie, s'apitoie, s'apitoie, un peu tard
Et qui part, et qui part, et qui part, loi de moi
Il est des vers homosexuels qui ne concernent ni ceux qui les écrivent, (fantasmeurs ou homophobes), ni ceux qui les reçoivent, et avec celui-ci, nous en avons un parfait exemple.
À la Révolution française, le Roi et la Reine furent affublés de tous les vices possibles pour mieux les desservir, dépenses excessives, corruption, sexualité débridée, dont l'homosexualité comme celle à laquelle se serait livrée « l’Autrichienne », expression raciste consistant à rappeler que la reine en ce dernier tiers du XVIIIe siècle n'était pas française.
Cette rumeur au sujet de l'homosexualité, ou même de la bisexualité supposée de la reine de France ne tient pas à mon sens, mais l'affaire est relancée en 2012 lorsque sort le film de Benoît Jacquot, Les Adieux à la reine, adapté du roman éponyme de la romancière Chantal Thomas, publié dix ans plus tôt et dans lequel, Marie-Antoinette aurait été la dévorante amante de la duchesse Gabrielle de Polignac.
On ne saura jamais si cette rumeur est née du pamphlet qui l'a propagée ou si c'est le pamphlet qui s'est nourri de la rumeur, quoi qu'il en soit, je ne vais pas m'étendre sur cette histoire puisque ce n'est ni le sujet de cette page, ni mon fonds d'expertise, par contre, de la rumeur comme du pamphlet naquirent ces vers homosexuels qui eux, sont bien réels.
Audio recording of Renée Vivien's poem "Sur le rythme saphique", interpreted by Julie Verleye, directed by Laurie Willième, recorded & mixed by Matthieu Van Dyck and produced by the Thalie Envol...
Poème lesbien octosyllabes (8) écrit par Bella de Vnirfou.
Comme j'aime beaucoup son écriture, il faut que je trouve le temps de référencer sur le profil que je lui ai créé, tous les poèmes bi, homos et lesbiens que je lui trouve.
Femme à femme léchée luisante
Ouverte et paresseuse amie
Couchée de moiteurs infinies
Harem fou que la lune argente
Femme à femme crevée d’îlots
Gémir d’écumes jamais tu
Nue dans ton ventre de tortue
Agitée des branles de l’eau
Femme à femme accrue de caresses
Éternité d’ondulation
Lèvres où nous nous émacions
Grande avaleuse ô pute ogresse
Femme à femme hachurée parfois
D’éclairs qui l’enflent d’ombres sales
Mais tu ne t’avoueras vassale
D’aucun matelot quel qu’il soit
Femme à femme affamée liane
S’envoyant les quatre horizons
Ta sueur d’algue est ma raison
Ô moirure ô mer océane
Synopsis : j'aime regarder mes amants dormir et que ma poésie le-leur dise. Nuancier de rimes : ombre/eille ; ère/or ; corde/ire ; ouge/é ; esque/it ; ule/elle
Oui je te regarde souvent dans la pénombre,
Dormir paisiblement avant que ne s'éveillent
Tes sens inassouvis entre soleil et ombre
avec cette peau qui l'air de rien se craye
Le petit chat qui s'est blotti sous tes paupières,
Imperceptiblement frissonne quand tu dors
Sans doute rêve-t-il du fond de sa tanière
Au nez aquilin d'un César impérator
Ton haleine souffle le zéphyr de ses cordes
Que créait Apollon en jouant sur sa lyre
Pour palmer un instant l'immuable discorde
Entre nuit et veille que tes lèvres inspirent
Retroussées dans l'un de ces baisers à fleurs rouges
En direction de ton menton celtisé
Qui délicatement au vent s'agite et bouge
Sans que le ciel n'en soit pour autant étonné
Quant à ce délicat et doux sexe levresque
De citoyen romain, la poitrine sans gloire
Telle la dépouille d'un Patrocle(1)asinesque
Il gisait là, parmi de merveilleux ivoires
Mais enfin bel enfant que veux-tu que je dise
A part que d'admirer ce que montre ton lit
Un panier dont l'osier s'emplit de friandises
Et dont les bandaisons, se gorgent de méprit
Peau blanche et merde au cul je m'approche et t'encule
Tu gémis tendrement en offrant tes aisselles
A ma bouche qui les veut, viles et crapules
acres sur ma langue qui contre elle ruissellent
(1) Dans l’Iliade, Patrocle est le compagnon, et implicitement l'amant, d'Achille.
Métrophobe (1842) De métro- mis pour métrique (qui est composé de vers) et de -phobe, c'est un mot inventé par Amédée Pommier (voir l'exemple). (Très rare) Qui déteste les écrits en vers. Son antonyme serait le métromane mais il conserve quelque chose péjoratif, à savoir celui qui met tout en vers.
Portrait d'un jeune homme de 1815 par Leopold Kupelwieser (1796-1862).
Sur ce Vigeon, maître d'école brûlé pour sodomie a en 1649, je n'ai aucune info sur le sexe ou l'age de ses victimes. Si le "péché silencieux de sodomie" fut perpétré sur de jeunes filles, l'homosexualité de ce poème reste avérée puisqu'il en appelle aux bougres, c'est-à-dire aux homosexuels. Toutefois, il est beaucoup plus probable que cela fut fait sur des enfants masculins puisque du XVIe siècle au XXIe siècle, la non-mixité impose qu'ils soient éduqués entre eux et seulement par des instituteurs qui parfois, mettaient plus de temps et d'intérêts à corrigeaient les petites fesses que les copies.
Cher Vigeon, que ta mort me va causer de peines qu’un vit est malheureux de vivre en un pays où l’on punit du feu ces nobles appétits qui ne sont condamnés que chez les souveraines.
Ordonnez, pour le moins, aux femmes d’être saines juges, si vous prenez quelque pitié des vits c ou faites que les cons deviennent plus petits et qu’ils soient désormais sans fleurs ni malsemaines.
Bougres qui l’avez vu sans l’oser secourir, en chemise, tout nu, dans la Grève périr qui pouvait arrêter votre fureur lubrique ?
En lieu de lui chanter tristement un Salve vous deviez sur son feu venir branler la pique les armes à la main, sans doute on l’eût sauvé.
"La vie n'est supportable que si l'on y introduit non pas de l'utopie mais de la poésie, c'est à dire de l'intensité, de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l'amour."
"Douceur" est un poème lesbien issu du recueil de poésie "Horizons" édité en 1904 par les E. Fasquelle de Lucie Delarue-Mardrus (1874-1945), poétesse, romancière, journaliste, historienne, sculptrice et dessinatrice française. Je n'ai pas encore eu le temps de travailler sur sa biographie donc mon travail est encore primitif.
Auteure prolifique, qui aura laissé plus de soixante-dix romans et recueils de poèmes.
Douceur.
Les ombres du jardin dansent sur mes pages
À travers le vitrage aussi clair que de l’eau.
Je lis les mots à travers ces paysages
Clairs obscurs, que projette avril aigre et pâlot.
J'ignorais tout du prix qu'il nous faudrait payer
à voir au petit jour ton ombre s'effacer
Je te cherche partout et je crève de toi
Quand le ciel t’enferme, ne reste que ma voix
Désormais dans la mort, je pleure ton prénom,
sur ce qu'elle m'a pris, et ses coups d'avirons
Mes doigts se lient aux tiens, quand je ferme les yeux,
et même athée, je crois avoir imploré Dieu
J'imagine brumal, ton corps nu dans la nuit
se blottir contre moi, grelottant et sans bruit Recouvert de glace, de flocons infernaux,
qui jouent rien que pour nous cet air au piano
Tu es ma cabane, les pieds dans l'océan
vue sur le littoral et les plages de Caen
Je jette à l’horizon mes filets de pêcheurs
dans une mer forte que remplissent mes pleurs
Du sable sous les pieds, j'en oubliais la ville
à suivre du regard les dunes de nos îles
Je ne renoncerais à nous pour rien au monde
ma vie est ce désert que notre amour inonde
Entends-tu dans la nuit, mes sanglots qui t'appellent,
ils sont comme un oiseau qui aurait manqué d'aile
Ta peau faisait la loi, cruelle et quand bien même
au moins me reste-t-il ce petit bout d'érème
C'est toi que je voulais, tu étais ma prière
un désir de fou à faire saigner les pierres
Non, ne meurs point en moi, descends de tes étoiles
viens prendre sous mes draps, le nu que je dévoile
Tu es ma cabane, les pieds dans l'océan
vue sur le littoral et les plages de Caen
Je jette à l’horizon mes filets de pêcheurs
dans cette mer forte que remplissent mes pleurs
(N’hésitez pas à me signaler des fautes ou à être critiques ici ou en privé)
Synopsis : pour toi mère chérie. C'est un poème qui retrace ce que j'ai vécu lorsque maman est décédée chez elle en mars 2024, ce que j'ai ressenti, le fait d'être seul, abandonné par celles et ceux que la mort effrayait. Je dormais avec elle afin que, si elle venait à mourir pendant la nuit, elle puisse avoir son fils à ses côtés. Alors oui, elle est partie durant la nuit, mais j'étais éveillé, devant elle, et le souffle de sa vie est venu sur mon visage émerveillé et reconnaissant. Je ne savais pas qui remercier, le ciel ou la terre, les deux sans doute, pour m'avoir accordé ce cadeau merveilleux qui laisse à l'être qui s'en va et à celui qui reste, un sentiment de plénitude amoureuse, numineux. Non seulement la lumière était partout, mais elle continue de m'irradier, encore aujourd'hui.
C'est un poème hexasyllabe de 48 vers avec des refrains qui ne sont pas identiques par contre, ils disposent d'une reprise momentanée de trois syllabes brèves.
Note de proximité que je m'accorde à moi-même afin de laisser un indicateur agissant comme un avis fondé sur la qualité que j'attribue à mes poèmes. Celui-ci, je l'aime aussi énormément, mais techniquement je ne peux guère lui donner plus que 12/20.
Note de proximité que je m'accorde à moi-même afin de laisser un indicateur agissant comme un avis fondé sur la qualité que j'attribue à mes poèmes.
Celui-ci, je lui attribue 8/20
20 octobre 1854 : naissance d’Arthur Rimbaud (1854-1891) à Charleville-Mézières. Poète français au génie précoce, Rimbaud réinvente le symbolisme dans son œuvre.
Je n'ai pas encore travaillé sur sa biographie parce qu'on ne parle que de lui et de Verlaine et que ça m'agace mais j'y viendrai bien sur.
Au Café par Jean Béraud (1882) or as I like to call it - Casual Friday - Belle Époque Edition.
Tu sais quand je t'ai vu
j'ai de suite perçu
que tu sentais l'Amour
tant, t'embrassais toujours
J'ai vu dans tes yeux gris,
le fleuve de Paris,
souffler vers les étoiles,
la fumée de ses poêles
Je t'ai dis, viens chez moi
t'as demandé pourquoi ?
A deux n'est-ce pas mieux,
pour tomber amoureux ?
_ Alors, tu m'as dit oui
Pardon, j'étais ailleurs ?(voix off)
_ Je te dis oui, oui, oui
_ J'avais mes écouteurs (voix off)
_ Pour toi et moi c'est oui
Oui et encore oui, oui
Nous avons pris Paname
et plongé nos calames
dans l'encre de la Seine
aux nuages de laine
C'est sur le pont des Arts,
mais était-ce un hasard,
que je t'ai demandé,
"Veux-tu bien m'épouser ?"
Je veux être marin,
dans les eaux de ton bain,
partout dans chaque port,
porter ton anneau d'or
_ Et là, tu m'as dit oui
J'entends bondir mon cœur (voix off)
_ Je te dis oui, oui, oui
_ Il bat comme un moteur (voix off)
_ Pour toi et moi c'est oui
Oui et encore oui, oui
C'est en lune de miel,
derrière un oriel,
que ta peau s'est offerte,
et nos âmes ouvertes
Dans une aurore d'ambre
et le clôt d'une chambre
j'ai caressé tes reins
nous nous sommes étreints
À présent t'est mon homme,
moi, ton mari en somme
Je t'ai dit cher époux
mets-toi donc à genoux
_ Même pour ça c'est oui
_ Oh non mais quel bonheur (voix off)
_ Je te dis oui, oui, oui
_ Nettoies moi le moteur (voix off)
_ Pour te faire ça c'est oui
Oui et encore oui, oui
Note de proximité que je m'accorde à moi-même afin de laisser un indicateur agissant comme un avis fondé sur la qualité que j'attribue à mes poèmes. Je me suis beaucoup amusé avec ce poème, mais techniquement, il n'est pas au standard que je vise, à savoir l'excellence littéraire, la justesse de la ligne narrative, une distribution de genre irréprochable, la présence ou pas d'un hémistiche donc là, je m'octroie 12/20, mais encore une fois, c'est subjectif.
L'ouvrage anonyme de 1789 de "Vie privée et publique du ci-derrière Marquis de Villette" sortira pour la première édition en 1789 et pour sa troisième en 1792. Le personnage étant fantasque, défrayant les chroniques de l'époque et en fin de compte député, son intérêt pour l'homosexualitéest devenu une sorte de mème qui s'est allègrement propagé à travers nombres d'estampes érotiques qui, soient se faisaient les gorges-chaudes de nos pratiques pour mieux les dénigrer, soient circulaient au bénéfice des homos d'alors. Voltaire n'était pas avare en vers et mots homophobes jusqu'avec ses amis et le Marquis de Villette n'y échappa pas.
Nuancier de rimes : esse ; us ; é ; on ; isse ; ine ; ette ; ome et ou.
Je ſuis né natif de Férare.
En vieux français
Je ſuis né natif de Lutèce
Et grand amateur de la feſſe,
Pour le con je n’ai point de jus,
Je n’ai de vit que pour l’anus ; bis.
Loin des putains, dans une allée,
Étendu deſſus la feuillée
Tandis qu’ailleurs on fout en con,
Moi, j’encule mon beau mignon. bis.
Sans crainte de la chaude piſſe,
Des poulains & de la jauniſſe ;
Quand j’ai beſoin de décharger,
Je me paſſe bien d’enconner. bis.
A l’extrêmité de l’épine
D’un beau garçon, je fout ma pine,
Et me grattant les deux couillons
Mon foutre ſort à gros bouillons. bis.
Bougre en même tems & rivette,
Le ci-devant marquis Villette
Pour les femmes & pour le con,
Sent la plus vive averſion. bis.
Sans être natif de Sodôme,
A la femme il préferè l’homme,
Quand il eſt jeune, & neuf ſur-tout
Pourquoi pas ? Chacun à ſon goût.
Je vous le propose en français moderne [pour ne pas en perdre une goutte]
Je suis né natif de Lutèce
Et grand amateur de la fesse,
Pour le con je n’ai point de jus,
Je n’ai de vit[d'érections] que pour l’anus ; bis.
Loin des putains, dans une allée,
Étendu dessus la feuillée
Tandis qu’ailleurs on fout en con,
Moi, j’encule mon beau mignon. bis.
Sans crainte de la chaude pisse,
Des poulains[bubon syphilitique] et de la jaunisse ;
Quand j’ai besoin de décharger,
Je me passe bien d’enconner [du sexe des femmes]. bis.
A l’extrémité de l’épine
D’un beau garçon [dans son cul], je fout ma pine,
Et me grattant les deux couillons
Mon foutre sort à gros bouillons. bis.
Bougre en même temps et rivette[jeune sodomite],
Le ci-devant marquis Villette
Pour les femmes et pour le con,
Sent la plus vive aversion. bis.
Sans être natif de Sodôme,
A la femme il préfère l’homme,
Quand il est jeune, et neuf surtout
Pourquoi pas ? Chacun à son goût.
Je vous cite mes sources avec wikipedia.org ; le catalogue général de la BNF ; l'ouvrage que nous restitue ici wikisource.org ; ce papier sur bibliophilie.com rédigé par Hugues grâce auquel je découvre cet ouvrage.
Voltaire commit d'autres vers homophobes mais, déjà qu'il est difficile d'être grand dans son siècle, est-il possible de continuer à l'être jusque dans le-nôtre ? Sur certains sujet oui puisque c'est ce qui fait qu'un homme est grand, mais sur d'autres, non. Là il dénigre Jacques Chausson (1618-1661), écrivain homosexuel que nous associons à notre histoire non pas tant pour ses actes, puisqu'il a tenté de violer un jeune homme de 17 ans, ni pour quelques poésies qu'il aurait rédigé (je n'en connais aucune) mais parce que son brûlement en place de Grève fit tant de bruit que nombre d'auteurs se fendirent de vers assassins ici, ceux de Voltaire :
Un jour Satan, pour égayer sa bile,
Voulu créer un homme à sa façon,
Il forma des membres de Chausson (Jacques Chausson (1618-1661)
Et le pétrit de l'âme de zoïle
Le Condamné à mort est un poème homosexuel écrit en 1942 par Jean Genet (1910-1986), alors qu'il était pour la énième fois interné, cette fois-ci à la prison de Fresnes pour vol (il y écrira aussi son premier roman, Notre-Dame des Fleurs, publié en décembre 1943). Il adresse cette composition post mortem au jeune et magnifique Maurice Pilorge (1914-1939) pour lequel il craque complètement et nous avec lui. Il sera guillotiné le matin du samedi 4 février 1939 et je crois que même privé de sa tête j'aurais pu le baiser, chaud, tiède, froid et même encore pourrissant. Rien que son nom est beau, "pile orge" de laquelle nous aimerions faire de la farine et la pétrir jusqu'à obtenir la miche de ces fesses noircies et généreuses.
Seulement, si l'affaire le touche autant, ce n'est pas seulement à cause de la beauté et de la jeunesse incandescente de ce Maurice alors âgé de 24 ans, ni parce qu'il partageait avec lui quelques communautés carcérales, mais bien parce qu'il était homosexuel et l'assassin de Néstor Escudero, un prostitué et proxénète mexicain de 28 ans qui était devenu son amant avant qu'il ne lui ouvre d'autres paires de fesses ailleurs sur la peau devant le casino de Dinard.
Alors, je ne sais pas vous mais moi, j'adorerais mourir égorgé par l'un de mes amants devant le casino de Dinard ! tant je trouve cela follement romanesque ; n'est-ce pas glaçant de ce dire qu'à l'instant où quelqu'un gagnait peut-être le jackpot, Maurice lui tuait le sien « rien ne va plus faites vos jeux» ? Que, pendant qu'un joueur arborait ostensiblement ses bijoux de famille à une table de jeu, Néstor plaquait les siens contre le trottoir d'une rue, laissant plus de rubis au sol qu'aucune bourgeoise n'aurait pu en porter ce soir là ?
Si c'est mu par la colère que Maurice a tué Néstor, c'est au nom d'une justice douteuse que la justice aura tué Maurice. Dites-vous bien que cet homme entre deux gendarmes verra sa tête rouler dans un panier.
Un pauvre oiseau qui tombe et le goût de la cendre,
Le souvenir d’un œil endormi sur le mur,
Et ce poing douloureux qui menace l’azur
Font au creux de ma main ton visage descendre.
Ce visage plus dur et plus léger qu’un masque,
Et plus lourd à ma main qu’aux doigts du receleur
Le joyau qu’il empoche; il est noyé de pleurs.
Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.
Ton visage est sévère: il est d’un pâtre grec.
Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.
Ta bouche est d’une morte où tes yeux sont des roses,
Et ton nez d’un archange est peut-être le bec.
Le gel étincelant d’une pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d’acier,
Qui couronnait ton front des pines du rosier
Quel haut-mal l’a fondu si ton visage chante?
Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton œil
D’un désespoir si haut que la douleur farouche,
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d’un sourire de deuil?
Ne chante pas ce soir les « Costauds de la Lune »!
Gamin d’or sois plutôt princesse d’une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand’hune.
Et descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nu- tête
« L’Ave Maris stella ». Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon.
Et c’est pour t’emmancher, beau mousse d’aventure,
Qu’ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon Amour, mon Amour, voleras-tu les clés
Qui m’ouvriront le ciel où tremble la mature
D’où tu sèmes, royal, les blancs enchantements,
Qui neigent sur mon page, en ma prison muette:
L’épouvante, les morts dans les fleurs de violette,
La mort avec ses coqs ! ses fantômes d’amants !
Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde.
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi.
Il se peut qu’on s’évade en passant par le toit.
On dit que la Guyane est une terre chaude.
O la douceur du bagne impossible et lointain!
O le ciel de la Belle, ô la mer et les palmes,
Les matins transparents, les soirs fous, les nuits calmes,
O les cheveux tondus et les Peaux-de-Satin!
Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant
Grand comme l’Univers mais le corps taché d’ombres.
Il nous bouclera nus dans ces auberges sombres,
Entre ses cuisses d’or, sur son ventre fumant,
Un mac éblouissant taillé dans un archange
Bandant sur les bouquets d’œillets et de jasmins
Que porteront tremblants tes lumineuses mains
Sur son auguste flanc que ton baiser dérange.
Tristesse dans ma bouche! Amertume gonflant
Gonflant mon pauvre cœur! Mes amours parfumées
Adieu vont s’en aller! Adieu couilles aimées!
O sur ma voix coupée adieu chibre insolent!
Gamin ne chantez pas, posez votre air d’apache!
Soyez la jeune fille au pur cou radieux,
Ou si tu n’as de peur l’enfant mélodieux
Mort en moi bien avant que me tranche la hache.
Enfant d’honneur si beau couronné de lilas!
Penche-toi sur mon lit, laisse ma queue qui monte
Frapper ta joue dorée. Écoute, il te raconte,
Ton amant l’assassin sa geste en mille éclats.
Il chante qu’il avait ton corps et ton visage,
Ton cœur que n’ouvriront jamais les éperons
D’un cavalier massif. Avoir tes genoux ronds!
Ton cou frais, ta main douce, ô môme avoir ton âge!
Voler voler ton ciel éclaboussé de sang
Et faire un seul chef-d’œuvre avec les morts cueillies
Ça et là dans les prés, les haies, morts éblouies
De préparer sa mort, son ciel adolescent…
Les matins solennels, le rhum, la cigarette…
Les ombres du tabac, du bagne et des marins
Visitent ma cellule où me roule et m’étreint
Le spectre d’un tueur à la lourde braguette.
La chanson qui traverse un monde ténébreux
C’est le cri d’un marlou porté par la musique.
C’est le chant d’un pendu raidi comme une trique.
C’est l’appel enchanté d’un voleur amoureux.
Un dormeur de seize ans appelle de bouées
Que nul marin ne lance au dormeur affolé.
Un enfant reste droit, contre le mur collé.
Un autre dort bouclé dans ses jambes nouées.
La partie qui suit fut magnifiquement chantée et mise en musique par Babx jusqu'au guillemet suivant. Il y a un autre enregistrement sur sa page YouTube mais elle est nettement moins bonne.
«
J'ai tué pour les yeux bleus d’un bel indifférent
Qui jamais ne comprit mon amour contenue,
Dans sa gondole noire une amante inconnue,
Belle comme un navire et morte en m’adorant.
Toi quand tu seras prêt, en arme pour le crime,
Masqué de cruauté, casqué de cheveux blonds,
Sur la cadence folle et brève des violons
Égorge une rentière en amour pour ta frime.
Apparaîtra sur terre un chevalier de fer,
Impassible et cruel, visible malgré l’heure
Dans le geste imprécis d’une vieille qui pleure.
Ne tremble pas surtout, devant son regard clair.
Cette apparition vient du ciel redoutable
Des crimes de l’amour. Enfant des profondeurs
Il naîtra de son corps d’étonnantes splendeurs,
Du foutre parfumé de sa queue adorable.
Rocher de granit noir sur le tapis de laine
Une main sur sa hanche, écoute-le marcher.
Marche vers le soleil de son corps sans péché,
Et t’allonge tranquille au bord de sa fontaine.
Chaque fête du sang délègue un beau garçon
Pour soutenir l’enfant dans sa première épreuve.
Apaise ta frayeur et ton angoisse neuve,
Suce son membre dur comme on suce un glaçon.
Mordille tendrement le paf qui bat ta joue,
Baise ma queue enflée, enfonce dans ton cou
Le paquet de ma bite avalé d’un seul coup.
Ètrangle-toi d’amour, dégorge, et fais ta moue!
Adore à deux genoux, comme un poteau sacré
Mon torse tatoué, adore jusqu’aux larmes
Mon sexe qui se rompt, te frappe mieux qu’une arme,
Adore mon bâton qui va te pénétrer.
Il bondit sur tes yeux; il enfile ton âme,
Penches un peu la tête et le vois se dresser.
L’apercevant si noble et si propre au baiser
Tu t’inclines très bas en lui disant: « Madame »!
Madame écoutez-moi! Madame on meurt ici!
Le manoir est hanté! La prison vole et tremble!
Au secours, nous bougeons! Emportez-nous ensemble,
Dans votre chambre au Ciel, Dame de la merci!
Appelez le soleil, qu’il vienne et me console.
Étranglez tous ces coqs! Endormez le bourreau!
Le jour sourit mauvais derrière mon carreau.
La prison pour mourir est une fade école.
»
Là où Babx termine sa chanson, la compositrice et interprète française Hélène Martin (1928-1921) met cette autre partie en musique en 1964 https://www.youtube.com/watch?v=1CumaK6iQng
Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
O viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.
Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner: moi seul je vais mourir.
Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde!
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes :
On peut se demander pourquoi les Cours condamnen
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.
Amour viens sur ma bouche! Amour ouvre les portes!
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.
O traverse les murs; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate une heure avant ma mort.
Les assassins du mur s’enveloppent d’aurore
Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins,
Qui la berce, accrochée à des cordages fins
Noués par des marins que le clair matin dore.
Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents?
Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie?
Quel enfant s’est roulé sur ma paille pourrie
A l’instant du réveil d’amis se souvenant?
Divague ma Folie, enfante pour ma joie
Un consolant enfer peuplé de beaux soldats,
Nus jusqu’à la ceinture, et des frocs résédas
Tire ces lourdes fleurs dont l’odeur me foudroie.
Arrache on ne sait d’où les gestes les plus fous.
Dérobe des enfants, invente des tortures,
Mutile la beauté, travaille les figures,
Et donne la Guyane aux gars, pour rendez-vous.
O mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce!
Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
Autour du mino blond qui fume les mégots
Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse.
Un clop mouillé suffit à nous désoler tous.
Dressé seul au-dessus des rigides fougères
Le plus jeune est posé sur ses hanches légères
Immobile, attendant d’être sacré l’époux.
Et les vieux assassins se pressant pour le rite
Accroupis dan le soir tirent d’un bâton sec
Un peu de feu que vole, actif, le petit mec
Plus émouvant et pur qu’une émouvante bite.
Le bandit le plus dur, dans ses muscles polis
Se courbe de respect devant ce gamin frêle.
Monte la lune au ciel. S’apaise une querelle.
Bougent du drapeau noir les mystérieux plis.
T’enveloppent si fin, tes gestes de dentelle!
Une épaule appuyée au palmier rougissant
Tu fumes. La fumée en ta gorge descend
Tandis que les bagnards, en danse solennelle,
Graves, silencieux, à tour de rôle, enfant,
Vont prendre sur ta bouche une goutte embaumée,
Une goutte, pas deux, de la ronde fumée
Que leur coule ta langue. O frangin triomphant,
Divinité terrible, invisible et méchante,
Tu restes impassible, aigu, de clair métal,
Attentif à toi seul, distributeur fatal
Enlevé sur le fil de ton hamac qui chante.
Ton âme délicate est par de là les monts
Accompagnant encor la fuite ensorcelée
D’un évadé du bagne, au fond d’une vallée
Mort, sans penser à toi, d’une balle aux poumons.
Élève-toi dans l’air de la lune, ô ma gosse.
Viens couler dans ma bouche un peu du sperme lourd
Qui roule de ta gorge à tes dents, mon Amour,
Pour féconder enfin nos adorables noces.
Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt
D’enculer la plus tendre et douce des fripouilles.
En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles,
Mon vit de marbre noir t’enfile jusqu’au cœur.
Oh vise-le dressé dans son couchant qui brûle
Et va me consumer! J’en ai pour peu de temps,
Si vous l’osez, venez, sortez de vos étangs,
Vos marais, votre boue où vous faites des bulles
Ames de mes tués! Tuez-moi! Brûlez-moi!
Michel-Ange exténué, j’ai taillé dans la vie
Mais la beauté, Seigneur, toujours je l’ai servie,
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d’émoi.
Les coqs du poulailler, l’alouette gauloise,
Les boîtes du laitier, une cloche dans l’air,
Un pas sur le gravier, mon carreau blanc et clair,
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Alain Cabello-Mosnier