"Tombeau d’Eurion" de Constantin Cavafy (1863-1930)
Ainsi, c’est à partir de 1912, avec la rédaction du poème Εὐρίωνος Τάφος (Tombeau d’Eurion), que le motif des jeunes défunts revêt une dimension ouvertement sensuelle pour ne pas dire érotique :
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Dans ce monument audacieux,
tout en granite de Syène, qui disparaît
sous une profusion de violettes et de lys,
se trouve enseveli le bel Eurion.
Enfant d’Alexandrie, d’environ vingt-cinq ans.
Descendant par son père d’une antique lignée macédonienne ;
d’une famille d’alabarques du côté de sa mère.
Il fut l’élève d’Aristoclète en philosophie,
de Paros en rhétorique. À Thèbes, il étudia
les textes sacrés. du nome d’Arsinoé
Il écrivit l’histoire. Au moins cela lui survivra.
Mais nous avons perdu le plus précieux — son visage,
qui était comme une apparition d'Apollon.
Constantin Cavafy p. 84