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POÉSIES HOMOSEXUELLES : Gay, Lesbienne, Trans, Bi
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21 juillet 2019

Moi je vais vous dire...

Dans la ville noire des petites perles de chagrins se condensent dans les appartements des tours.
Les néons clignotent, les vitrines brillent comme des larmes tombées au
rez-de-chaussée.

La vie est un carrousel sur les piques duquel on s'empale. Au fur et à mesure que ça tourne nos corps descendent un peu plus.
Les couleurs de la fête foraine nous fait croire que ce sont des enfants mais ce ne sont que des hommes nus, des hommes nus qui glissent tout doucement du manège au tombeau. La queue du Mickey n'est qu'un de ces fichus espoirs en lambeau qu'elle agite.

Le rouge n'est pas la couleur de la fête mais celle du sang. Les gens qui s'amusent ont tous quelque chose de tragiques. Ils se forcent à rire tant qu'ils le peuvent encore entre l'alzheimer de la barbe-à-papa un peu floue et la pomme d'amour mythologique, rouge elle aussi, de celui qui s'est tiré une balle dans la tête. Le solitaire, le triste, le rêveur, le poète, le transsexuel, le mec bourré, sont ceux qui observent le mieux le petit jeu de tire de la vie et qui assistent narquois à nos obsèques collectives contre une promesse de nounours. Des animaux anthropomorphes pour tout amis avec la truffe noire semblable à nos pupilles. Lequel de nous deux sommes est les plus tragiques, eux, assis à nous attendre en récompense d'un lot salvifique, ou nous qui attendons qu'on vienne nous chercher, croyants en dieu, à l'éternité de l'amour entre chair putrescible et peluche réconfortante ?

Moi je vais vous dire, la seule chose qui me fasse chier à l'idée de me tirer une balle dans la tête, c'est de pouvoir m'en tirer qu'une, c'est pas assez, la vie en mériterait plus que ça. C'est vrai quoi, certains se jettent dans les bras du premier venu comme ils se jetteraient d'une fenêtre, ils tombent pendant des années jusqu'à s'éclater sur le trottoir des cimetières. Le problème n'est pas de s'asseoir sur un banc mais de pouvoir y rester, de poursuivre ce que les autres ont fait de fatal.

 _ T'as vu mes yeux ? Ils sont bleus, c'est ce qui à toujours retenu l'attention de ceux qui me rencontraient la première fois ! Bon, même si là ils sont ouverts depuis des semaines et pourrit par les mouches mais, ils ont toujours été beaux, enfin, jusqu'à maintenant bien sûr. Les mecs me disaient que c'étaient deux ciels côte-à-côte passablement inquiétants. D'ailleurs, c'est bien simple, dès que j'ai vu ces migrants la, se noyer dans la méditerranée sans que l'Europe sache répondre à cette urgence mes yeux sont devenus plus liques, je n'étais plus qu'une révolte sourde. J'imaginais des paillettes syriennes, irakiennes tomber sur le sable de cette immense boule-à-neige plein d'eau et de souffrance. Je suppose que ça devait être joli, il y avait même des bébés, enfin, je dis ça parce que personne n'a fait grand chose pour que ça change. On étaient à cette époque en 2019 donc vous me direz parce que moi, je en serais plus là pour le voir mais, la guerre qui s'en est suivit, est bien venue de là n'est-ce pas ? C'est obligé. Les Orbans pestilentiels, les Salvini italiens, et Trump, je ne sais ce qu'en aura retenu votre mémoire collective mais, c'était pas beau à voir, je vous jure. Genre, juste après Obama, dans la foulée, l'antithèse absolue. Et dire que les anges sont blancs et les démons noirs habituellement alors, c'est sûrement pour ça qu'on a rien vu venir. Ce qui relevait le mieux la vulgarité de ce Président américain je crois que c'était sa femme. Une femme somptueuse, intelligente dont la classe folle ne faisait que rendre l'homme encore plus odieux.

 

▌©Alain Cabello-Mosnier (poète gay & MASSEUR) ⚣
dimanche 21 juillet 2019, Paris

 

 

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