Fantôme de la tour de Londres
Synopsis : petit carreau littéraire dédié aux aisselles.
Elles ressemblaient à un spectre,
au fantôme de la tour de Londres,
je parle de ses aisselles,
deux amants morts depuis longtemps à qui l'on parle dans un coin du château, dans l'échauguette d'une épaule,
revenus hanter nos hésitations de lits.
Parfois elles devenaient feuilles d'automne dont je m'étonnais de l'étrange présence sur mes oreillers, au petit matin venu et sitôt reparti. Par quelle fenêtre avaient-elles pu entrer ? Par quel mystère d'éventail pouvaient-elles disparaître en un pli ? Passer de la plume d'un paon, à la pile d'un pont ?
Avec elles, vous n'êtes plus qu'une longue liste de choses à faire, griffonnées dans le carnet d'une épaule vive ou délicate, et lorsqu'il se referme, ce n'est jamais que pour nous laisser tout tremblant sur le fermoir d'un sein cruel, petite pression sur laquelle s'ajuste nos lèvres.
Vivement demain,
qu'elles aient de ces choses à me faire lire, ou que par quelques nuits, elles apparaissent dans mon sommeil pour me dire ce qui les tourmentes.
