Poésie homosexuelle

samedi 16 juin 2018

Je suis un mythe, une reine rouge

Je ne suis pas qu'un masseur, je suis un mythe, une reine rouge qui bouge en vous. Je navigue le long de vos côtes, de vos flans, je visite ce qu'il y a de meilleur en vous, de plus nu et je vous apprends ce qu'il y a d'antique dans vos colonnes aux chapiteaux de vertèbres !

Vos peaux sont mes voiles de voyages, mes mains, vos cales de voyageurs, capitaine de vos espérances.
A chaque massage je prends la mer.

Je suis un vitrail de toute chose, une dispersion méthodique de la lumière, bah ! il fallait bien faire quelque chose de sa vie, alors j'en ai fais une négligence, un retour douteux dans un maelstrom de talents et de renoncements. Vous voulez tous un massage

n'est-ce pas, mais,
ne vous êtes vous jamais demandé ce que le massage pouvait bien vouloir de vous en retour ?
Certes, vous lui offrez votre dos, votre nuque mais ce n'est jamais que pour attendre quelque chose de lui.
Mais vous, qu'avez-vous à lui offrir plus gratuit qu'une attente, plus généreux qu'un résultat ?
Que possédez-vous qui soit digne de ses millions d'années d'évolution ?

Des chagrins d'huiles, des océans de tristesses tissés depuis la nuit des temps par ces ombres à la langue arrachée dont les doigts nouent au tapis de votre peau l'espoir d'une paix éternelle que le massage rendrait sublime et longue, longue au fil du temps. Elle s'étire depuis des siècles dans la noirceur de vains outrages. La matrice tégumentaire de la folie aux yeux clos et splendides. Là-dessous règne le tombeau des jours qui se referment sur nos nuits d'émetteurs.

Nos paupières plus lourdes que ces cailloux jetés là pour marquer notre présence. ...et rire encore et partout, éteindre aussi, parfois, des paroles trop hâtives. Les morts ont raison par absence Je me demande où je me tiendrait en ce moment si j'étais vivant ? Vous qui me lisez vous l'êtes mais moi qui l'ai écrit, le suis-je encore ?

Bien sûr que non mais faisons comme si. Vous là vous me lisez mais moi que ferais-je en ce moment ? Serais-je déjà à la veille de me faire poignarder par un toxicomane dans un parc de Londres ? Serais-je en train de me donner la mort moi-même par désespoir ou me préparerais-je à partir en vacances ? Les pieds dans l'eau, les mains dans le sable, immobile sur une serviette Voilà bien quelque chose qui ressemble furieusement à un entraînement

Alain Cabello Mosnier
Samedi 16 juin 2018

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jeudi 14 juin 2018

Est-il noirceur en moins de beauté ?

Oh ! Nègre infâme des passions secrètes
Je ris à vos soleils que vos nuits de peau emprisonnent
Je baise vos chagrins et m’enferme en vous.

A.C.M.
13/6/18

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mardi 29 mai 2018

Le massage par l'absurde

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L'astuce quand on est masseur et passablement dans la merde c'est de la remplacer par de l'huile de façon que quand on y est plongé jusqu'au cou, ce soit nettement plus agréable...
La puanteur ici sera alors avantageusement remplacée par une fragrance "lavande" ou "mirabelle", ce qui, vous conviendrez, devient d'un coup nettement plus agréable !

Pourtant, si vos ennuis persistent, nous vous conseillons de fermer les yeux un instant et de les imaginer (torse nu). En effet, un problème torse nu avec ses petits seins roses devient sur le champs bien moins menaçant et peut même s'avérer effroyablement sexy...
Par cette méthode j'ai moi-même eu un jour un problème qui, en se déshabillant, était devenu tellement attirant, que lors qu'il s'est résolu ce ne fut qu'arrache cœur et crise de larmes (parfum "Oeillet d'Inde).

Les lettres recommandées avec accusé de réception n'étaient plus que des billets d'amour que je lisais avec passion et je disais aux huissiers à la porte "vous êtes un fou monsieur, oui saisissez-moi, prenez tout ce que vous voulez".
Malheureusement pour moi, la justice a fini par abandonner toutes les poursuites quelle avait engagé malgré mes suppliques me laissant plus haletant et amoureux que jamais.
Tomber amoureux de son problème plus que de sa résolution, en voilà une chose difficile, quasi insoutenable et vous savez quoi ? J'ai regardé cette cruauté du destin, j'ai fermé les yeux et l'ai imaginé torse nu. Oui, comme je vous le dit, le destin torse nu et vous me croirez ou pas, mais de nouveau, j'ai trouvé ses reliefs particulièrement avenants. Quelle cambrure.

A.C.M.

Le mardi 29 mai 2018, Paris

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vendredi 25 mai 2018

Emasculation - chanson de 2007

Emasculation - Te castrer au second degré

J’veux te faire bouffer tes couilles
Que tu ne cesses d’agiter
Et te taillader la nouille
Avec un vieux cutter rouillé.

Je veux te brûler la bite
Et tes deux petites noix
Et détruire ton précieux coït
Dans un grand feu de joie.

Éclater tes testicules
Comme du papier à bulles
Et cramer ta queue affamée
Comme une vieille banane flambée.

Je veux te scier la queue
Et que tu pleures de douleur
En la voyant tranchée en deux
À l’aide de mon coupe beurre.

REFRAIN

Si tu m’la mets encore sous le nez
J'vais te castrer au second degré,
J’vais te châtrer, t’faire blêmir
Puis te demander de sourire.


Je veux taper dans ta bite
Avec ma batte en fer
Et mettre tes boules en orbite
Dans un autre système solaire.

Je vais te peler la queue
Et tu me regarderas
Prendre les lambeaux de peau
Les donner à mon chat.

J'vais cracher sur ta dépouille
Et remuer la poussière,
Te prendre par la peau des couilles
Jusqu’à que saigne ton sphincter.

Râper ta bite violette
Et faire tourner ta vinaigrette
Taper dedans, la broyer
Et te la faire avaler.

REFRAIN

crédits

de l’album Emasculation, paru le 3 avril 2007

licence

 

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samedi 19 mai 2018

Au Prince Harry (mariage)

Vers en onze pieds

Mon nez dans la lune du Prince Harry
Posé comme un joli petit œuf dedans
Si mignonne rousse lune qui frémit
Sous bien des hourras de mon spectre anglican

Depuis ce jour où nous nous sommes uni
Harry à un petit trou à sa culotte
Oh god, mais ce n'est plus un trou mon ami
Viens t'en à moi torse nu que je te l'ôte

"A un prince d'Angleterre
Good sève couine..."

Par Alain Cabello Mosnier
Le jour de son mariage
Le 19 mai 2018, Paris

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dimanche 25 février 2018

La solitude, c'est se jeter dans le vide qui règne en nous !

La solitude, c'est se jeter dans le vide qui règne en nous !

Je ne sais plus si c’est moi qui suis au bord de la fenêtre ou si c’est la fenêtre qui est au bord de moi. Chacune d’elle est une tesselle d’oubli, rangée côte-à-côte par étages, l’important c’est que ce soit vertigineux et aux normes non ? Tout ça forme une mosaïque sociale entre dalles de béton et anthropologie. Qu’importe que l’on s’y soit accoudé pour fumer une clope ou baiser l’anus de son copain.

Qu’est-ce qu’il en reste à la fin ?

La solitude, c’est comme se jeter dans le vide qui règne en nous. Marcher sur le bord des autres. De fenêtre en fenêtre. Se dire que l’on peut tomber. Que l’on aimerait tomber et s’aimer le temps de la chute avec celui dont on rêve et qui n’existe pas. En fait, ce qui se passe c’est que je ne suis pas sûr de moi, remarques la vie n’est pas sûr de moi non plus donc, sur qui compter, pour croire en ce laps de temps qui s’échappe ? Des diplômes que je n’ai pas et me diraient, “tu as ta place parmi-nous.”

Je ne suis pas triste, je suis juste horrifié, interdit, lointain, constant.

Le temps s’écoule comme une hémorragie. Chaque seconde est une goutte de sang dans une vie où vous allez, blessé, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une seule pour que se forme la dernière, celle dans laquelle votre vie défile. Elle reflète une de ces fenêtres que vous aurez rencontré partout. Trémulescentes. A quoi bon se créer un être intime si c’est pour y renoncer comme ça ? A petites foulées. A l’ombre d’une sépulture dont le temps là aussi lui sera compté. Vous avez juste finit par vider votre existence dont tous le monde se branle et de laquelle il ne restera plus qu’un individu mort, inanimé, relayé par d’autres, indifférents, aussi perdu que vous. Faisant de ses épanchements des selfies. Parfois je me demande si c’est moi qui ai profité de la vie ou si c’est la vie qui a profité de moi ! On est tous le Branle-souliers de quelqu’un : celui qui ne fait rien que de se les frotter l’un contre l’autre, qui passe son temps à mesurer le trou-du-cul des grives avec un pied à coulisse.

Putain la force qu’il y a à être un PUTAIN d’immense pédé, d’énergies sublimes, de fulgurances. Et vous aimeriez être comme les autres ? Non, non surement pas. Quitte à mourir seul vaut mieux mourir unique. Je préfère perdre ma route en chemin que mon chemin en route parce qu’au moins ça aura voulu dire que quelque part j’étais sur ceux de ma propre petite campagne nocturne et non sur les agglomérations des autres. Brisé par l’expérience je briserai mes infinis. Je les allongerait. L’art d’être inexistant chez les autre et ceux, pour toujours ou pour le toujours que je présuppose. Plus de pines qui puent dans la bouche. De petits anus violemment odorants, fendus comme une noix pourrie et merveilleuse. De rires qui s’échappent des bouches.

Ce n’est pas parce que la vie n’est pas du gâteau que vous devez renoncer à vous en couper une tranche disait le Grand-Père que j’aurais été à ses enfants gourgandins qui se seraient auto-ajoutés.

En fait, je me demande si ces poèmes ne froment pas des petits bouts de roman. Mise à part que je ne sais même pas ce qu’il doit y avoir dans un roman. Une histoire ? Alors ce n’en est pas un, parce que d’histoire moi je n’en sais pas écrire.

Romancier. Voilà quelque chose que je détesterai être. Même écrire m’emmerde si ce n’est que pour entretenir le mythe de la publication, foutaise du nombrilisme. Tu cours après un sujet, tu cours après le talent, tu cours après des éditeurs, tu cours après des lecteurs, tu cours après le succès, tu cours après l’argent, tu cours après la médiatisation, tu cours après la reconnaissance et enfin, tu cours après la renommée pour un bout d’immortalité. Franchement, quand tu regardes comme se place la cosmogonie et le concept d’infini, l’immortalité humaine devient vite relative, suspecte d’ignorance. Ce qu’on peut être con parfois. Publier n’est jamais qu’un échec, une répétition de soi, un soliloque absurde. Un tendre éjaculat. Tu tentes juste de multiplier tes orgasmes. Tu te persuades de quelque chose qui pourrait te convenir comme l’exploitation commerciale de ta déchéance. Si les gens lisent tes textes, c’est juste parce qu’ils sont comme toi : en train de partir avec l’eau des chiottes, la nouvelle génération a déjà la main déjà sur la chasse-d’eau. Le livre c’est juste le bois-flotté des tibias de ceux qui sont morts, un répit, une usurpation de force qui finira autour du cou d’une vahiné. C’est de la tisane de texte que tu pourras bouffer pendant le voyage alors qu’infusent nos erreurs qui se propagent patiemment sur la planète.

A force de reculer dans l’ombre on finit par ne plus retrouver la lumière. A force de rechercher la lumière, on finit par oublier la nature de l’ombre. Sa spiritualité. Ses silences et peut-être aussi ses nécessités.

Non. Non, moi c’est poète que je veux être. Oui, poète. Poète en roman. Un genre de truc dans lequel il n’y aurait pas de visages débiles à décrire. De suspens. Juste de petits passages qui s’en vont. Un paragraphe de rien du tout, écrit comme une stèle. Faudrait que ce soit écrit comme on se promène en forêt. Un truc sans étonnement, juste de la tendresse. Des sourires à peines dessinés sur des lèvres qui tournent les pages. Du vert partout. Des futs de différentes essences bien robustes et parterre _un roman poétique a toujours un parterre et s’il n’en a pas alors t’en imagines un de parterre_ il y aurait des feuilles mortes, toutes dessus, ou en train de mourir. J’aimerais écrire un truc qu’on aimerait lâcher où on veut, comme on veut et quand on veut sans se sentir coupable de l’avoir laissé on ne sait plus où. Poser sur une table de nuit, l’histoire toute échevelée d’elle-même. Vous savez pourquoi ? Parce que je ne veux pas que ce que j’ai écrit se constitue en ennui de ce qu’il faudrait lire.

C’est pour ça que je préfère m’imaginer avant tout comme “poète queer” parce que là tu es sûr que tout le monde s’en fout puisque personne n’en lit, et en plus, tu peux parler de la libation des garçons par isolat, de la couleur des strophes. Ah, ah, “la libation des garçons par isolat”, ça, dans un roman, ce n’est pas possible, seule la poésie te pardonne cette extranéité du sens. Libation au sens d’apports culturels, de don spécifiques et immatériels et isolat, parce que seule la folie heurtée à l’enfance de celui qui l’exprime peut offrir ce semblant qu’on nomme poésie, vers. La phrase est une blessure nette, le roman l’art du bandage, la poésie une septicémie devenue folle, le désossé de nos petits cirques intimes et révoltés. La poésie est un art littéraire déjà marginal par nature, les pédés le sont presque autant qu’elle malgré leur belle et récente étiquette d’icône “gay” qu’ils se sont fichus sur la gueule, alors imaginez ce qu’il en est de la poésie homosexuelle ! C’est pour cela que je me revendique “poète queer”, non pas pour préjuger de la qualité de mes écrits _que voulez-vous qu’il puisse sortir de moi qui soit exploitable ?_ mais au nom de la rareté de ceux qui s’affichent comme tel : queer. Fouteur de merde en lettre, voilà ce que j’ai envie d’être. Un bagarreur aux trousses duquel serait la police de l’orthographe et de la sémantique furieuse de ma façon d’écrire. Écrire comme, comme tu respires un cul pas lavé de garçon hétéro qui ne s’attendait pas à ce que sa journée le-lui termine aussi tendrement assis sur un visage d’homo lui offrant l’expérience de la défaite en ses moires, dévoreur, déjà décédé à force d’être, lui-même ou un autre, qu’importe, puisque personne n’en a la mémoire, seul l’homo règne. Le sexe, ce n’est même plus de l’intime, c’est du langage, la poursuite d’une attente à laquelle personne ne répond. C’est pour ça que le pédé a une longueur d’avance sur l’hétéro-fréquencé. Sincèrement ? Vous voulez que je vous dise ? Je crois que ce qu’il restera de moi devrait se réduire à un étron masculin de belle taille, une péripétie de l’outrance mais discrète. De tout ce que j’aurais lu et, laissez-moi vous dire que j’en ai lu du volume, des colonnes grecques de textes, des cartouches de caractères et bien c’est celui d’un bronze d’homme ou du souvenir macérant de son passage récent qui m’aura le plus appris de la vie. C’est à la merde que je renoncerai avec le plus de dépits, parce qu’en cet instant de vérité, vous sentez l’inaccoutumance de ce quelque chose qui vous passe au-dessus au-delà d’un semblant d’être et que vous semblez comprendre plus que tout autres, avant que votre orgasme vienne manger cette fraction de seconde où vous avez cru être.

Écarter les fesses d’un homme c’est l’expérience métaphysique la plus surprenante et la plus douce qui puisse être. Les plus inachevés y verront de la scatologie primitive, les plus lestes, de la conviction que rien de tout cela méritait vraiment d’exister à commencer par la maison d’édition qui l’aura par inadvertance publié comme un aggiornamento possible de ce qui pourrait devenir réalité. Je fais une littérature amensale, commanditaire de quelque chose avenir. La vie a besoin de fumier pour naître, mon fumier à moi, c’est celui des hommes, de leur nudité comme râpée d’eux-même, de leurs testicules, de leurs seins, de trop de noirceur que je n’en pourrais synthétiser, alors je la stock par l’écrit, par un cannibalisme homosexuel qui se mange des autres mais, être aux mots et homo n’est pas suffisant, il faut qu’ils s’alternent dans une réalité singulière, une convivance. Une ordalie spéculaire qui relèverait du jeu de carte et de Janus mais exclusivement entre homosexualité et texte. D’aucun dirait un solipsisme, moi, l’immense pauvreté de ce qui se complet à persister ailleurs que comme ça arrangerait tout le monde que je sois.

J’écris comme on allume la lumière, par peur panique que quelque chose fasse que je réussisse ma vie ce qu’il ne faudrait pas qu’il advienne. Je dirige mon faisceau jaune-délire sur à peu près tous les styles littéraires et je renonce à devenir quelque chose de réalisable. Où que j’aille, j’ai des chevilles jusqu’à l’eau. Mes écritures sont des plaies ouvertes qui ne renoncent que dans le doute. C’est un levé de soleil et de sang pour lequel il n’y a personne parce que ce serait trop tôt et que personne ne veut échapper à la grasse matinée de la littérature. Vaut tout de même mieux se lever avec Harricana de Bernard Clavel et se coucher avec un Faulkner dans les mains, un de ses poètes connu qui nous fait nous pardonner d’en avoir lu pour si peu qu’il nous apporte, sinon, comment expliquer que l’on puisse n’avoir non pas tant si peu de poésies écrites que de poésies lues ? Alors pensez, la queer.

La solitude, c’est se jeter pieds et poings liés dans un espace qui menace de nous rendre la liberté par le cataphractaire du travail et de la raison. Être libre c’est penser par soi-même.

Un trou noir n’est qu’une nuit qui vous absorbe. Le matin est un nouvel univers dans lequel il faut tout recommencer.

Au plus proche, je dirais que je suis une sorte de Bastia dont la peinture antithétique ne fonctionnerait pas ou ne fonctionnera qu’en la laisser se retourner elle-même, j’avance par couleur primaire, par touche fortement contrastée sur une journée, j’écris, je meurs. A toi de lire à présent parce que pour moi, bien, c’est déjà fini. Je trouve déjà assez magique de parler de soi comme le mort que l’on va être pour longtemps.

Par Alain Cabello Mosnier Dimanche 25 juin 2017, Paris.

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Les termes qui ont désigné les gays dans le temps.

J’ai pour l’heure récolté 106 mots ou expressions à caractère nominal désignant les #pédés, les petits #invertis que nous sommes... Vous en auriez d’autres qui vous passent par l’esprit ?
Jugé dès le 19e siècle, déportés au 20e et mariés au 21e.
Il y eu de nombreux mots de nature à désigner discrètement une orientation sans en prononcer le terme juste lorsqu’il existait d’ailleurs, d’autres encore pour dénigrer, se moquer, condamner l’homosexualité, sa pratique, les facilités qu’elle octroyait, les perversions qu’elle supposait d’autant plus qu’on n’en connaissait pas trop la nature. Tour à tour, les uns après les autres ou en même temps, Dieu, les gens d’églises abrahamiques, la science, la médecine, la psychanalyse, la littérature, le droit nous a disqualifié. En fait, n’importe quel terme, formulation peut devenir désobligeant ou excitant mais lesquelles sont restées dans l’histoire et lesquelles ont disparu ?
A voile et à vapeur ; achrien ; androphile ; Antinoüs ; Amitié particulière ; antiphysique ; arcadien(ne) ; bardache; Bathylle ;bi ; (bisexuel ; Bisexualité-tuner ; #bifréquencé) ; bougre ; broute-gazon ; broute-minous ; cinédologue ; chochotte ; Confrère ; coniste ; contre-nature (loi Pétain du 6 Août 1942); corydon/corydonesque ; Culiste ; devant-derrière ; déviant ; empaffé ; emprunté ; en être ; enculé ; endo-sexe ; être de l'immeuble d'en face ; être de la famille ; être de la fanfare ; être de la jaquette ; être de la marine ; être de la partie ; être du bâtiment ; être du métier ; éromène ; évêque de Clogher ; Favori ; fellateur ; fiotte ; fléau social (loi de 1960) ; Foc ; folle ; folasse ; Ganymède ; gay ; giton ; gouine ; hermaphrodite ; homo : (homo-fréquencé ; homophile ; homosexuel) ; honteux ; inclination antiphysique ; inverti ; Inversion sexuelle ; jouer de la flûte ; jouer de la clarinette ; jouer du pipeau ; maître queue ; malade mental (DSM); maniéré ; Le "petit défaut" ; lesbienne ; lesbos LGBT ; LGBTI ; lope et lopette ; mignon ; pédéraste : (pède ; #pédé ; Race d'Ep ; pédale) ; pervers ; philopède ; phoque ; précieux (faire son précieux) ; proute proute ma chère ; queer ; Rivette ; refoulé ; socratique ; sodomite : (sodomiste) ; sous-homme ; suce-bite ; tante (tata ; tantouze ; tapette ; tapiole ; tarlouse) ; télamon ; travesti (trav, travelo) ; Truqueur ; unisexuel ; uraniste ; virer sa cuti... Associés : efféminé, garçon ou fille manqué, dandy ;
DÉFINITIONS
  1. A voile et à vapeur : terme ancien de marine qui désignait un navire propulsé aussi bien à voiles qu’à vapeur et qui par extension prête aux personnes la faculté de se mouvoir dans les deux sexualités (bisexualité, bi-fréquence)
  2. Achrien : terme créé par Jean-Renaud-Gabriel Camu vers 1970
  3. Amitié particulière :
  4. androphile, qui apprécie et aime la compagnie des hommes.
  5. Antiphysique
  6. Arcadien(ne), qui vient Arcadie et qui fut la première revue homosexuelle en 1954
  7. Bardache : (XVIe siècle), de l’italien bardassa, lui-même de l’arabe bardaj (« captif, esclave ») En opposition au bougre, celui qui est sodomisé.
  8. Bi : abréviation de #bisexuel, qui entretient des rapports avec les deux sexes disponibles
  9. Bi-fréquencé : terme créé par Alain Cabello Mosnier comme principe binaire établissant que si la sexualité peut être associée à une onde radio, alors on peut dire qu'il y a d'un côté une homo-fréquence, à l'autre extrémité une hétéro-fréquence et au milieu, cette Bisexualité-tuner.
  10. Bisexualité-tuner :
  11. Bougre : « hérétique » au XIe siècle, puis « débauché » au XIIe siècle, lui-même issu du latin Bulgarus (« bulgare ») puis enfin pédéraste, bougrerie fin du Moyen Âge. Par extension, le bougre = celui qui sodomise & le bardache = celui qui est sodomisé.
  12. Broute-minous : valorisant lorsque le cunnilingus s’affiche comme une faiblisse masculine, il devient désobligent quand il implique une pratique féminine.
  13. Cinédologue : obscénité à caractère surtout homosexuel. 1891
  14. Confrère : l'homosexualité vue comme une sorte de Confrérie disposant de ses propres codes
  15. Contre-nature : qui contrevient à la nature selon loi Pétain du 6 Août 1942 qui repénalisera l’homosexualité
  16. Corydon/Corydonesque : Qui fleure l'homosexualité, qui en est empreint. Popularisé par un essai d'André Gide.
  17. Culiste : adepte du passage par derrière. Sodomite.
  18. Devant derrière :
  19. Déviant : Qui conteste, transgresse et/ou qui se met à l'écart de règles et de normes en vigueur dans un système social donné mais déviant fut aussi la désignation des pratiques homosexuelles.
  20. Efféminé : homme ayant des manières décrétées comme étant celles que doivent avoir les femmes
  21. Empaffé :
  22. Emprunté : qui emprunte aux femmes leurs manières
  23. En être : (faire partie de) Expression qui rattache une sexualité à une communauté.
  24. Endo-sexe : de grec ancien éndon « dans », (qui s’exprime au sien d’un même sexe).
  25. Être de l'immeuble d'en face :
  26. Être de la famille : Expression qui associe une sexualité à une famille que définirait sa sexualité.
  27. Être de la fanfare : évoque l’esprit militaire de fraternité marchant l’un derrière l’autre et experts en embouchures et autres anches d’instruments qu’il faut bien sûr savoir manipuler.
  28. Être de la jaquette : vêtement de cérémonie qui couvre les fesses (queue de pie) mais qui reste avantageusement fendu derrière laissant supposer les pratiques les plus osés. Cette veste est aussi celle des dandys (qui bien sûr en sont).
  29. Être de la marine : l’univers clos de la marine a de tout temps favoriser les amitiés masculines et les soupçons d’homosexualité...
  30. Être de la partie :
  31. Être du bâtiment : savoir tout faire de ses mains et pas que de ses mains...
  32. Être du métier : repris dans le Dictionnaire du français argotique et populaire, de François Caradec.
  33. Éromène : adolescent engagé dans un couple pédérastique avec un homme adulte, appelé « éraste ».
  34. Favori : personne(s) préféré(s) à d’autres disposant du privilège du coït.
  35. Fellateur : qui pratique des fellations.
  36. Fiotte : contraction du franc-comtois fillotte, de fillette. À rapprocher du québécisme attesté en 1879
  37. Fléau social : loi de 1960 qui ajoute à l'alcoolisme, à la toxicomanie et à la tuberculose l'homosexualité.
  38. Foc : “être pédé comme un foc” expression écrite qui se retrouve moins mais qui, par homophonie, laisse planer une ambiguïté avec l’animal et installe une nouvelle ambivalence sachant qu’il s’agit là de la voile qui se prend le plus le vent sur un voilier. Salope !
  39. Folle : homosexuel efféminé et exagéré dont le comportement s’apparenterait à la folie ou qui n'est pas dans son sexe mais dans celui d'a côté...
  40. Folasse : = folle et son suffixe péjoratif asse commun au latin classique et vulgaire -acea, -acia.
  41. Fourreur : qui aime s'assouvir par derrière, dans les fesses des garçons.
  42. Gay : terme anglais du XIIe siècle issu du français gai « heureux » ou « lumineux et voyant » au puis homosexuel en 1947 .
  43. Giton : nom d’un personnage jeune et homosexuel du Satiricon de Pétrone qui désigne au début du siècle un prostitué homosexuel.
  44. Homo : (« semblable », parfois confondue avec le substantif latin homo « homme », « être humain ». Carl von Linné en fit un genre en 1758, le XXe un apocope, une abréviation d’homosexuel.
  45. Homo-fréquencé : périodicité homosexuelle proposée par Alain Cabello afin d'ajouter à l'isola homosexuel(le) une valeur fréquencielle destinée à rétablir les courants naturels de la sexualité qui les contient alors que les appellations habituelles les opposent. Le principe est que si la sexualité peut être regardée comme une onde radio, alors on peut dire qu'elle se constitue à l'une de ses extrémités d'une homo-fréquence et à l'autre, d'une hétéro-fréquence au milieu desquelles se situe une sorte de bisexualité-tuner ou bi-fréquence qui permet de se déplacer plus facilement de l'une à l'autre en passant par toutes les fantasmatiques.
  46. Homophile : (« qui aime son semblable »).
  47. Homosexuel : qui inventé en 1868/1869 par l'écrivain hongrois militant des droits de l'homme et germanophone Karl-Maria Kertbeny, qui apparaitra en français à la toute fin du XIXe siècle pour désigner les personnes. Il créera aussi l’équivalent "d’hétérosexuel", mais, petite vengeance personnelle, il n'apparaît qu'après la formation du mot "homosexuel", auquel il préférait le terme de "normalsexuel". Bien que trouvé dans ses lettres dès 1868, l'adjectif n'est pas publié avant 1880, en langue allemande. En français, l'adjectif apparaît en 1891, et le nom "hétérosexualité" en 1894.
  48. Honteux(se) : vocable parfois péjorativement féminisé dans sa désignation masculine pour relever le caractère du penchant qui le trouble et qu’il ne veut pas avouer.
  49. Inverti : terme apparu en 1902 pour désigner cette inversion sexuelle de certain-es.
  50. Joueur de la flûte : ici on retrouve l’esprit musical et ses variations pouvant s’exprimer jusque dans la sexualité avec le sexe masculin pour association phalloïde et le prépuce, le gland pour l’embouchure. La flûte est un des symboliques du phallus. Jouer de la flûte = faire une fellation.
  51. Joueur de clarinette : idem, les mouvements des doigts sur l’organe inspire bien des fantasmes phallocentrés. Jouer de la clarinette = faire une fellation.
  52. Jouer du pipeau : ou joueur de pipeau, pratiquer des fellations lorsque l’on est un homme.
  53. Le "petit défaut", expression qui semble remonter à la fin du 18e siècle.
  54. LGBT : (être un LGBT) lesbien, gay, bisexuel et transgenre.
  55. LGBTI : (être un LGBTI) lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexe.
  56. Lope : pédéraste et en second sens (Homme sans courage, sans caractère.)
  57. lopette : féminisation par l'emploie du sufixe ette d'un terme qui est déjà féminin lope visant à démonétiser l'homme en tant que sexe en l'associant aux femmes par nature inférieures
  58. Lopaille :
  59. Malade mental (& DSM) : le dévoiement des travaux de Freud a amené certains à considérer l’homosexualité comme une maladie mentale telle que le stipulera le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) qui en 1968 référencera 145 pathologies différentes dont l’homosexualité de laquelle la France se désolidarisera le 12 juin 1981, sous l’impulsion de M. Robert Badinter.
  60. Maniéré : qui adopte des manières supposées être caractéristiques des femmes
  61. Mignon : favori du prince au XVe siècle puis « mignons de couchette » du roi Charles VIII puis ceux d'Henri III. D ’origine germanique, ancien haut allemand minnia « amour ».
  62. Pédéraste : du grec ancien paiderastếs (« amant de garçon »). Personne qui s’intéresse à de jeunes garçons.
  63. Race d'Ep : verlan de pédéraste qui sera le titre d’un documentaire sur l’homosexualité tourné par Lionel Soukaz et la collaboration de Guy Hocquenghem en 1979
  64. Pède : abréviation désobligeante de pédé.
  65. Pédé : apocope de pédéraste devenu terme commun, souvent insultant mais désormais détourné par les homosexuels eux-même pour en faire l’étendard de leur sexualité.
  66. Pédale : dérivé de pédé associant le monde du cyclisme et de leur combinaison ajustée de nature à plaire en effet aux amateurs de masculinités.
  67. Pervers : déviant sexuel dont la pathologie désigne ici l’homosexualité et ses pratiques.
  68. philopède :variante de pédéraste.
  69. Phoque : “être pédé comme un phoque” dont le râle après apnée évoquerait l’acte sexuel.
  70. Précieux :
  71. Proute proute ma chère : expression péjorative et mimétique qui impliquerait que les homosexuels préfèreraient au terme de pet celui de plus féminin de proute jugé plus emprunté et ajoutant à la proximité que ceux-ci entretiendraient avec l’univers féminin.
  72. Queer : mot anglais signifiant (« bizarre, de travers, homosexuel »). Apparu par appropriation dans les années 1980 afin de regrouper sous un même vocable les identités dites non-conventionnelles !
  73. Refoulé : personne qui n’assume pas son #homosexualité.
  74. Sodomite : pratiquant du coït anal et se dégradant dans cette pratique mal vue par les grecs, les romains et par les différentes obédiences. Le terme fut aussi utilisé par la justice Enquête en Armancie Par Georges Kliebenstein p. 159 "En 1873, l'appareil judiciaire recourt encore à des classifications douteuses : "On dit sodomite, Monsieur, répondait Verlaine au juge qui lui demandait s'il était vrai qu'il fut sodomite."
  75. Sodomiste : adepte du coït anal.
  76. Sous-homme : dans la hiérarchisation péjorative des espèces les homosexuels s’en soustrairaient par leur comportement “alors même que même la nature ne contiendrait pas de telles pratiques.”
  77. Suce-bite : garçon qui se livrerait à cette pratique infamante pour le sexe d’appartenance puisqu’il serait l’apanage des femmes.
  78. Tante : homosexuel efféminé associable à la soeur de sa mère...
  79. Tata : inversion d’affection qui fait du diminutif affectueux de tante la péjoration de pédé efféminé.
  80. Tantouze : Attesté au début du XXe siècle issu de tante et du suffixe régionaliste ouze qui marque l’appartenance.
  81. Tapette : expression mimétique qui calque la gestuelle d’une petite tape sans virilité ou l’utilisation d’une tapette à mouche à celle des homosexuels efféminés.
  82. Tapiole : de tapette et du diminutif iole.
  83. Tarlouse : mot formé à partir du québécois tarla, lui même dérivé du mot tarlais, et qui désigne une personne d’abord niaise puis par association volontairement injurieuse, aux homosexuels ainsi qu’aux hommes jugés « faibles ».
  84. Trav. : diminutif méprisant de travesti affectant soit des attitudes de femmes, soit leurs vêtements.
  85. Travelo : apocope de travesti.
  86. Travesti : personne qui s’habille avec les vêtements du sexe opposé pour en prendre l’apparence.
  87. Truqueur : (Argot) Faux homosexuel qui fait chanter les vrais ou les vole à leur domicile.
  88. Unisexuel : terme ancien relatif à l'homosexualité ; homosexuel.
  89. Virer sa cuti : changer radicalement d’opinion, de conviction, de conduite, d’orientation sexuelle.
L'homosexualité féminine
  1. Coniste : adepte du con.
  2. Lesbienne : femme homosexuelle.
  3. Lesbos : qualificatif méprisant ou familier pour qualifier l’homosexualité féminine.
  4. Rivette : L’affaire de la Religieuse de Rivette (1965-1967)
  5. Broute-gazon.
  6. Broute-minou
  7. Gouine : lesbienne.
L'homosexualité par les noms propres
La mythologie fut une grande pourvoyeuse de pratiques dites déviantes que seuls les Dieux ou les demis-dieux pouvaient vivrent sans trop de risque mais il y a aussi des personnages historiques dont l'homosexualité était tellement de notoriété publique qu'elle en est devenue la quasie définition.
  1. Télamon : synonyme d'atlante (variante masculine de cariatide supportant comme Atlas un entablement sur sa tête).
  2. Saphiste, ou relation saphique désignant la sexualité entre femmes à l'instar de Sapho
  3. Uraniste : issu de l’allemand Uranismus, mot créé par Karl Heinrich Ulrichs, (1825-1895) qui désignera l’homosexualité jusqu’au début du XXe siècle.
  4. Ganymède : Selon l’Iliade, il est réputé être le plus beau des mortels c’est ce qui fit succomber Zeus pour en faire son amant.
  5. Hermaphrodite : ambivalent, qui possède les caractéristiques des deux sexes.
  6. Les socratiques,
  7. Evêque de Clogher : procès à scandale qui impliqua en 1822 en évêque anglican et un soldat anglais ayant suffisamment de retentissement pour que Stendhal et d'autres auteurs contemporains de cette époque
  8. Bathylle : jeune homme de Samos, remarquable par sa beauté, fut aimé de Polycrate de Samos, qui lui éleva une statue et d'Anacréon, qui le chanta dans ses vers
  9. Antinoüs : amant d'Alexandre le grand
Organisation :
  1. La péjoration peut désigner le sexe que l’on veut dénoncer ou déconsidérer en l’associant à l’autre sexe dit faible ou de reprocher à l’un de ces détenteur du sexe de ne pas être capable de tenir le sien.
  2. Ca peut être un corps d’armée, de métier, de sport, d’esprit de club
  3. Une péjoration animalière
  4. A une pathologie
Aucune sexualité n’aura autant été désignée, fait autant jaser, fantasmer. Après en avoir soufferts on peut bien en rire et puis tout cela, c’est aussi de la poésie...
 
Alain Cabello Mosnier mardi 20 juin 2017, Paris.

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samedi 10 février 2018

Each man kills the thing he loves 1982 Querelle

Vous souvenez-vous de cette chanson Each man kills the thing he loves (chaque homme tue la chose qu'il aime) ? Et comment la dissocier de la voix de Jeanne Moreau et nous en débarrasser si tant est que nous le voulions ? Comment enlever la voix de cette femme du film Querelle tourné par Fassbinder ?

Comment se fait-il qu’un texte puisse atteindre comme ici son point de coalescence, de fusion historique voix/film, Moreau/Fassbinder Genet/Querelle ? Qu’est-ce qui se passe dans les atomes de l’interdit humain, dans les gaz toxiques du tabou pour que de la matière émerge cet agrégat mythique où tout s’aligne, où tout devient translucide ? Le film sort en 1982 l’année même de la mort de Rainer Werner Fassbinder à l’âge de 37 ans. La place de Jean Genet dans l’histoire de l’homosexualité et sa représentation dans la sphère sociale est gigantesque et c’est de ce roman Querelle de Brest que ce film advient comme un hommage nécessaire et juste. La conjonction d’étoiles, de talent, est là avec Jeanne Moreau pour chanter

Each man kills the thing he loves
by each let this be heard
some do it with a bitter look
some with a flattering word
the coward does it with a kiss
the brave man with a sword !
Some kill their love when they are young
and some when they are old
some strangle with the hands of lust
some with the hands of gold
the kindest use a knife
because the dead so soon grow cold.
Some love too little, some too long
some sell, and others buy
some do the deed with many tears
and some without a sigh:
for each man kills the thing he loves,
Each man does not die.

 

L’interview aussi est intéressante par la façon dont elle l’amène, dont elle parle de bisexualité en l’associa étrangement à de l’anatomie comme si le décalage de ce film surréaliste se poursuivait entre décalage et archives INA et l’éminence d’une justesse de termes, une élégance de femme.

Jeanne Moreau "Querelle" de Fassbinder | Archive INA

samedi 10 février 2018

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vendredi 2 février 2018

Droit du sol ontologico-poétique

Je pense que tout ce qui a une lune devrait pouvoir venir sur le territoire français ne serait-ce que parce qu'aucun trou ci-gisant à l'anus se mérite à soi-même et que seul l'autre peu vous le faire advenir.
Le trou-du-cul est une échappatoire de la préservation. Pourrir en oignon
"S'être" involutivement, se résoudre par l'en-dedans, par l'en-dessous de sa désastreuse congère faite de limites inconnues
 
Le droit du sol
Le droit du sang
Qui peu même oser poser pareille question à quelle qu'espèce que ce soit ?
Marcher là où tu marches nécessitant une autorisation, le sang que tu contiens, une acceptation de groupe
 
Ontologico-poétiquement ces deux termes s'annulent
Je suis favorable à une coexistence pacifique des cloaques.
ACM
vendredi 2 février 2018

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vendredi 26 janvier 2018

Le lai d'Aristote

Ce n'est pas parce que le lait d'Aristote
était d'Aristote
que le "lai d'Aristote"
était d'Aristote !
Et que si Phyllis est Phyllis
Que syphilis ait Phyllis
acm
vendredi 26 janvier 2018

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