Poésie homosexuelle

mercredi 17 avril 2019

Ne suis point roi

Je ne crois en aucun dieu
mais si dieu croit en moi
alors peut-être que dieu
n'est pas celui qu'on croit…

Et que là, si j'étais dieu
ou que dieu était moi
Je ne serais pas de ceux
Qui font parler de soi

Ne le voyez-vous donc pas
si à chacun sa croix
portez là-vôtre sans moi
je suis homme et point roi

Vous seul traînez celle-là
Ainsi, de vous à moi
A jamais, oubliez-moi

 

 

— 

Poème en vers masculin alternativement de 7 et 6 pieds
Alain Cabello Mosnier (Poète gay) le mercredi 17 avril 2019

Posté par PoesiesQueer à 14:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]


vendredi 5 avril 2019

Lorsque vous publiez un livre

Lorsque vous publiez un livre

L'auteur vaut ainsi à peine plus qu'une TVA fois 2, c'est dire le mépris des Maisons d'édition et des libraires qui passent pour des gens de lettres et d'esprits, alors qu'ils ne sont quelque part que les négriers de tout un peuple d'auteurs réduits en esclavage dans les soutes des catalogues de ces gens-là.
L'écrivain n'est même digne d'être payé au prix de l'imprimeur, il ne vaut pas-même l'encre et le papier, il est un résidu d'absolu devenu marché à lui tout seul. Mais l'on joue aux découvreurs de talents, on prétends aider les “petits écrivains”…
Et le libraire, que dire du libraire, ce tant aimé des français, ce Talon rouge du livre dont chaque mur de son habitus est couvert des larmes des autres alors que c'est lui qui gagne le plus à la vente d'un livre. Ainsi, le “nègre” que l'on entour de toutes les sollicitudes qu'il faut pour que l'on sache combien le libraire est convenable même avec les pauvres, ne gagera que 1,94€. Sans compter l'humiliation de “la grosse dame” qui vient avec le précieux volume certaine de faire une bonne action, faire signe à l'écrivain “le livre qu'elle a acheté” alors qu'elle n'a acheté que ce qu'on lui a vendu, de la marge, des commissionnaires, des usuriers, des loyers et seul une obole pour l'auteur. Dans sa main, son livre à 17 € TTC rapportera 1,94€ à l'écrivain, hors impôts.

Un peuple d'auteurs face au grand peuple d'Auteuil

Posté par PoesiesQueer à 14:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Quand le dos se prolonge sur une lune fendue

J'avais envie de son cul, envie de ce trou spongieux sentant la merde ou la veille faïence, de ses seins roses et de son nombril creux.
Je te regarde comme un grand soleil
Comme un octobre rouge silencieux. Tu te promènes dans l'appartement tout nu, ton dos se prolonge sur ta lune fendue couverte par des paillasses de faune
Il me disait : “Si tu cherches la merde tu vas la trouver !" et je sais qu'elle s'y trouvait, mais elle avait toujours le goût de la liberté.
Parfois il prenait un livre de poésie dans la bibliothèque et lisait à haute voix des vers de Baudelaire, de Rimbaud et qu'il tenait déplié sur des aisselles noires prête à s'envoler. Passait sa main sur un ventre plat comme la Limagne et couvert d'étourneaux qui s'envolaient dans le fracas des draps qu'il tirait ver lui et finissait toujours par en attraper un, énorme volucraire de la déchéance humaine.

_ Ne me dis pas ce que j'ai à faire t'entends ? Toi seul doit être partout où je dois être, même entre les pages je veux te trouver et t'y baiser. Tu ne dois même pas savoir si je mouille mon doigt pour passer à la suivant ou te le mettre bien profond. Je suis un caractère qui lève de la fonte mais sache que tu es une des polices que je préfère.

tumblr_pn6ta1kHvR1t3yc74o1_1280

Posté par PoesiesQueer à 11:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 3 avril 2019

Il avait cette aisselle éternelle qui rend les hommes cruels à qui les regardent sous ce jours de nuit et de fureurs laquées.

Ça pleurait des larmes d'efforts, ça ruisselait et ne demandait qu'à être bu et baisé.

Des rivières de toi, des végétations d'insomnies aux herbes de couleurs, de rancœurs fortuites.

Comment ne pas mourir autrement qu'à l’envers de lui nu ? Je ne saurais le dire, il ne m’épargnait rien de ce qui m'était insupportable de lui.

Je demandais pardon tout en baisant sa bouche mais ne l'obtenais jamais assez durablement, il me manquait si vite au froid de la distance.
_ Pardonnes-moi d'être le chien de ta peau. Laisses-moi me résoudre nulle part ailleurs qu'en toi. Il ronchonnait ; son coeur battait comme un tambour s'en venant au loin vers moi, vers moi qui l'aimais puis changeait de direction, m'oubliait à jamais.
Il ronchonnait.
Il n'arrêtait pas de ronchonner et moi je le prenais comme un pédé qu'on libère.
Comme un fourbu meunier. Chacune de ses pliures me faisait rougir, comment pouvait-on être aussi beau désinvolte et lubrique à la fois ?
Ce n'était pas un mec c'était un piège, un piège vous dis-je, un traquenard si soyeux que c'est là que se tenait le plus toxique de ce que la nature était capable de faire. Il ne te caressait pas, il se propageait.
_ Ne m'épargne rien de toi qui puisse m'avoir privé de ce que tu aurais crains de m'imposer, de tes facultés d'être outrageant et absolu, bête parmi les hémicycles.

3/4/19

Posté par PoesiesQueer à 14:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]

J'ai mangé dans ta main

J'ai mangé dans ta main

J'ai mangé dans ta main
l’aigre-doux pépin d'or
J'ai mangé dans ta main
T'en souviens-tu encore

De nos rires maudits
Au silence inlassable
De nos rires maudits
Ne reste que du sable

Ô, toi si las, si pur
Qui couvais nos ébats
Ô, toi si las, si pur
Jamais ne reviendra

Vers en 6 pieds
mardi 2 avril 2019 - Paris
Alain Cabello-Mosnier

Posté par PoesiesQueer à 11:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]


vendredi 29 mars 2019

Au sucre de ta langue rouge

Thé/t'es au citron, mouillé d'un bain de tasse, un nuage de lait, un orage d'aisselles au sucre de ta langue rouge

Tu n'es que ce citron mouillé d'apparence

tumblr_pn605mAlcL1s2sb1co1_540

Posté par PoesiesQueer à 08:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 24 mars 2019

Assis sur un muret au soleil
Je regardais landes et corneilles

l'été chaud qui grignotait mes jours
et les rayons jaunes des labours

Des garçons vaillants au torse nu
Quand sa voix raisonna Que fais-tu ?

Oh rien en fait, rien qui ne se dise
Et toi dont peau se plait à la brise

Je ne sais pas, glaner quelques pommes
Celles dans tes mains, au cou des hommes

Les fruits de leurs protestations
Ceux qu'à leurs lèvres ils prétendront

Avant que juteuses ne se fendent
Et que mes baisers ils réprimandent

Courant trop défaits et par trop vifs
Nos langues pointues comme des ifs

Soumise à la coupe topiaire
Avec art mais surtout sans manière

Des tailles en formes de mentons
Des ronceraies et de noirs gazons

 

Posté par PoesiesQueer à 12:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Je ne serai pas Rimbaud

Avec tout ce que j'ai bu de sperme il n'est pas impossible que je devienne à terme un des plus beaux gisements d'opales au monde. Je chevaucherai des chevalières à ce même doigts que les hommes se mettront au cul.

Je boirai de l'or ; aux lagons des iris, sous l'épais flabellums de vos sourcils ; je vous ferai fondre d'argent ; vous rendrai à l'aubépine et aux matins incertains ; je me lierai aux mains des amants et je serai partout à l'ultime sueur de vos candeurs retrouvées.

Vous serez nombreux mais je serai partout. Vous l'homosexualité vivante et moi l'homosexualité morte, douce comme une panne de velours à l'ivoire de vos joues.
Oh ! Que ne puissiez-vous m'avoir trouvé vulgaire, que ne puissiez-vous me daigner tout droit à la poésie parce que je ne serai pas Rimbaud et qu'à l'échafaud de la pine de vos maris ma tête a bien souvent roulé dans la folle joaillerie de la boue des émonctoires, des ruelles sordides ouvertes sur des lunes tapissées de merde et des pestilences des Révolutions, de ces Gavroches qui renoncent à tout juste pour que s'égarent dans nos bouches d'invertis la cornaline humide et si tendrement déraisonnable de leurs puissances infantiles.

Je ne serai pas Rimbaud, le mort à tout pris, je serai le vivant d'une autre nature, de celle qui n'existe plus

Dimanche 24 mars 2019, 10:54, Paris.

Posté par PoesiesQueer à 10:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 15 mars 2019

D'EN HAUT

D'en haut - Alain Cabello Mosnier 15 mars 2019

Tout en haut de la hune

Le vent jusqu'à la dune

Dépeigne malheureux

Les herbes et les vieux

 

Les rêves qui s'ensablent

Espoirs inébranlables

Ici souffle au visage

De ceux qui n'ont plus d'âge

 

Le ciel comme du verre

Et le sol de la terre

Accueillaient en cascades

Des arceaux des arcades

 tumblr_oc2evxAJ0S1s85u2fo1_500

Qui formaient des ogives

Les jeunes sur la rive

Et les vieux au sommet

Terrils de sablier

 

Pieds au givre des grains

En s'aidant de leurs mains

S’enfonçaient les genoux

Et couvraient d'or leurs joues

 

 

 

Écrit et lu par le poète queer Alain Cabello Mosnier

Le vendredi 15 mars 2019, Paris, 12:22

Posté par PoesiesQueer à 12:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 11 mars 2019

Un jour je vous prendrai la main

Si je vous disais ce que je pense vous m'ôteriez le plaisir de le penser donc je préfère taire ce que j'ignore encore pour avoir le plaisir de le penser un jour.

Oh et puis vous m'embêtez à la fin avec vos questions, si je n'ai pas réponse à tout c'est que je n'ai pas le temps, juste celui de vous écouter et encore, ce n'est que parce que votre cou s'allonge comme la promesse d'un baiser qui ne vient pas.
Vous parlez trop pour être honnête, mais attention, je ne vous déteste pas, ah non. Non, je vous observe et n'aime vraiment de vous que la promesse d'être davantage que vous n'en montrez. Oh puis merde, aidez-moi à renoncer à tout cela, à vous dire ce que vous devriez savoir.

J'ai remarquais que vous penchiez toujours d'un côté comme si vous étiez à cheval entre deux mondes et que le mien ne vous suffisait pas. Moi je vais vous dire, vous me regardez trop peu ou en tout cas pas assez, intensément.
Ne riez pas voyons, tout semble voler dans votre bouche comme les pétales d'un cerisier en fleur. Je deviens la tokyoïte de mes joies, le résolu pour tout et pour toujours à part pour cela car lorsque vos lèvres mourront dans un sourire, je ne veux pas être là pour voir ça, être le témoin de vos renoncements.

Un jour je vous prendrai la main et vous montrerez du doigt, je vous replierai tous les autres et les sentirai battre. Les mains jointes sont toujours enceinte d'un enfant et de promesse en promesse on en arrive à aujourd'hui ; le jour présent ne chasse pas l'autre, c’est l'autre qui s'en va, las de ce qu'il a vu et peut-être même de ce qu'il n'a pas entendu de vous, alors parlez oh oui parlez moi ! Parlez-moi encore car ce n'est pas assez.

Dites-moi, lorsque vous renoncez vous êtes toujours aussi beau ? Une chose est sûr, c'est que personne ne m'est plus étranger que vous c'est dire combien j'aimerais mieux vous connaître.

C'est étrange et je me trompe peut-être mais vous semblez toujours regarder du côté où il n'y a personne. Vous savez, les nuits sont froides quand on est mort et guère plus chaudes quand on est vivant alors je pense que nous devrions nous rapprocher.
Vous ne dites rien ? Remarquez je vous comprends, je pense comme vous. Qu'être est une malversation de plus, et que le vrai silence n'est que celui des corps. Vous voyez ce que je veux dire ? Une sorte de doute en suspension. Une série qui n'aurait pas de fin lorsque l'on attend qu'elle et que même mort rien n'y fera il y aura toujours quelqu'un d'autre pour poser les mêmes questions.

 

lundi 11 mars 2019
Par Alain Cabello-Mosnier

Posté par PoesiesQueer à 18:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]