Poésie homosexuelle

samedi 10 novembre 2018

CHOISIS

CHOISIS

j'ai une langue pour ta bouche
j'ai une langue pour ton cul
j'ai une langue pour tes mains
et une autre toute faite pour tes doigts

j'ai une langue pour ton cou
j'ai une langue pour tes pieds
Une dédiée à tes aisselles
Une autre que je glisse dans tes oreilles

j'ai une langue pour ton bec d'épervier, charognard d'entre-cuisses
j'ai une langue pour mes mots
mais aucun mot pour mon amour
Vous qui fûtes si nus

Je gage langue mais perds pieds

2 octobre 2018

A.C.M.

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Jolie tuberculose

Les murs froids de ma chambre
Et les fleurs de décembre
Ont laissé sur la neige
un coton de Courrège
taché de sang rose
jolie tuberculose

▌Par ©Alain Cabello-Mosnier (poète gay & MASSEUR) ⚣
Vers en 6 pieds

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Penser est devenu inutile (Flash text)

Flash text

Au départ il ne voulait pas que je lui bouffe le cul parce que ça y sentait la merde qu'il disait mais quand j'ai eu finit de le-lui lécher bien en profondeur, ça ne la sentait plus du tout.
Comme quoi, tout est relatif.

Maintenant qu'on partage le même appart. l'objectif c'est d'éviter de se croiser, afin de fuir les copulations devenues trop incessantes, trop soudaines.<br />
L'autre jour, alors qu'on sortait, sur le pallier en train de refermer la porte, la vue du paillasson m'a misérablement fait penser à ses larges aisselles de hérisson et, comme par transmission de pensée, il l'a rouverte brutalement, ma poussé dans l'entrée et m'a possédé. Il m'accusait d'être le démon alors que c'est lui qui me l'introduisait justement dans le cul en proférant les pires insanités.

Penser est devenu inutile. Seul “faire” compte si tant est qu'on puisse faire quelque chose sans être ensemble ou qu'un le veuille.<br/>
Moi je ne voulais que lui respirant.

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lundi 22 octobre 2018

Les murs froids de ma chambre
Et les fleurs de décembre
Ont laissé sur la neige
un coton de Courrège
taché de sang rose
jolie tuberculose

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jeudi 18 octobre 2018

Vous n'avez pas besoin de la tristesse pour vivre, seule la tristesse à besoin de vous

Pour rendre le chagrin infini, mettez-lui un plongeoir et, supportable, les brassards de l'indifférence. Sinon, vous avez le sourire qui constitue une petite crique, un bon début de plage, le temps de vous reposer.

Vous n'avez pas besoin de la tristesse pour vivre, seule la tristesse à besoin de vous. Vous savez, de ces moments dans votre vie où tout se suspend, où vous paraissez vous mouvoir dans un gel, dans un espace qui a la grandeur de vos yeux écarquillés comme une planète sans gravité, les paupières pour horizon.

Je me demande si, quand on meurt, ce ne serait pas le chagrin que l’on quitte le plus à regret ? L’amour n’est qu’un soleil qu’on ne voit jamais. En tout cas moi je ne l’ai jamais vu, j’ai toujours vécu derrière les montagnes. L’amour n’est qu’un mot qui ne peut pas à lui seul résumer l’intensité de ce que nous vivons, ce substituer à la vie toute entière, en devenir le projet. Ou alors le chagrin en est un aussi, une version d’orage ; et la solitude, la part aride d’un renoncement. On s’isole comme un pierre parmi les cailloux et on attend avec eux que la terre meurt. Que notre nuit vienne quand d’autres matins émergent de partout dans les yeux des nouveaux-nés. La terre tourne follement et toi tu restes immobile, le gnomon d’une nécessité qui indique l’heure sans même savoir qu’elle existe.

Tu comptes les jours comme un mort, et les nuits comme une absence.

S’éteindre est la plus belle des choses, puis gésir quelque part.

Infiniment parvenu à n'être rien devenu.

Et les autres, et cent, et mille sont là à chuchoter au sujet de cette carambole

Quelle amande que la vie

Quel étrange fruit

érythrothorax

pandémique

“Donner sa vie”

“Perdre la vie”

“Renoncer à la vie”

“Avancer”

“s’égarer”

“Faire avec”

Que d’expression pour dire cette desquamation de la douleur

Tout ce qui coule de l’homme n’est pas sang. Vas savoir toi, qui dans le métro se balade avec une plaie ouverte ?

La solitude est un espace où l’autre est trop loin ou trop impuissant pour pouvoir t'en sortir, et où soi est trop prêt, trop prêt de la terre, trop prêt du ciel, et l’océan aussi est trop prêt, trop prêt des arbres et trop prêt des forets

Tu glisses et hop, tu te retrouves dans le siècle précédent

On a tous une vie intérieure, mais certains n’ont plus que cela. Ils s’attendent eux-même pour manger le soir. S’invitent et se sourient péniblement. Ils sont isolés mais jamais seuls car il se savent bien à eux.

Et puis il y a ceux qui sombrent, les dépressifs qui en viennent à accepter ce mot comme le synonyme d’un mal-être que l’on nomme doute.

La tristesse est une saison qui reste seulement plus longue chez certains, le sage les auraient appelés des inuits en terre arctiques, l’homme pressé et conforme les traites de malades que l’on va s’employer à soigner pour que leurs nuits ne durent pas six mois.

 

On ne peut pas vivre ainsi en creusant dans la neige, c’est eux qui l’on dit.

Le solitaire lui, celui qui sais qu’être seul n’est parfois qu’une oreille collée au sol pour écouter la vie autrement et que l’impatience des autres est l’orage de nos sourires. Toi tu regardes dans le vide et eux pensent qu’il n’y a rien, tu ne fais rien, donc tu ne penses à rien. Rien devient la pierre angulaire de toute déconstruction. Tu dois faire ta vie, tu dois rejoindre leur colonie et ne pas vivre dans le feuillage de ton inertie. Écrire c’est inventer l’écriture, c’est faire danser les lettres ensembles comme de micros amis dont chaque mot se connaît une histoire, devient un méfait ou une joie. C’est à partir de là que tu deviens magique, sorcier à la tribu parce que l’immobilité t’anime les mains et que l’on sait que tout cela te vient de la tête, de l’esprit ou de ceux qui viennent d’ailleurs, un poltergeist de la ponctuation, le ghost du style.

Tes doigts deviennent aussi inquiétants pour eux qu’un piano mécanique dont la musique s’emballe au rythme des touches qui s’enfoncent toutes seules. De tes doigts de pomologistes naissent des jardins, d’érythrocarpes majestés, juteuses et délirantes mais d’autres fois, leur goût de terre, d’inachevé laisse les genets au sol. Comme pour vivre il faut avoir quelque chose à faire, écrire ne se suffit pas à lui-même, ils veulent du talent. Le talent est une vertu qui plaît aux autres par convenance sociale en cela qu’ils la découvrent postérieurement par un art auquel ils accèdent. Ils sont la boucle d’un ceinturon qui s’en allait d’un côté et c’est au hasard d’un bassin qu’ils découvrent le trou d’une écriture et lui trouvent une fonction. Parfois la personne est morte bien avant, d’autres encore sont malheureusement en vie pour assister à un tel acharnement. Elles deviennent les esclaves des éditeurs, de leurs royalties, de leurs espoirs de réussite que l’écriture avait pourtant toujours fui pour y parvenir. L’écrivain connu est un paria flatté que le succès rend lépreux. Le triste inconnu en son art, quel qu’il soit, c’est lui le vrai Seigneur, le roi n’est pas le roi, le roi c’est l’ermite. L’expert en renoncement qui se flagelle de ses incompétences.

 

Le livre est une prison qui libère les autres et toi, ben te voilà pris dans un vulgaire piège de braconnier posé par un éditeur. Tu as sué pour dire, et tu livres à bonne date la couleur de ton hermine. Ton nom claque sur un parallélépipède pleins de tes mots morts que chaque lecteur naturalise et te voilà devenu le fantôme d’un opéra de cellulose. Célèbre ou illustre inconnu, connard toujours, flashé par ton orgueil qui ne voulait pas rester seul.

Écrire c’est marcher, dormir c’est se reposer, douter c’est attendre que la colère du verbe devienne plus forte que le silence, mais publier c’est terminer.

Celui qui te lira ne sera jamais qu’un infirmier qui se croira obliger de te dire que tu as du talent, cent milligramme, et puis il y aura ceux qui on aimé parce que toi ce seront des malades, des arpenteur de toutes injustices que seuls les mots soignent.

Être publié c’est rentrer en psychiatrie, ne jamais l’être c’est continuer ses balancements rythmo-catéchistiques, c’est accepter de voir ce que tu vois et savoir que jamais personne ne pourra les voir.

Artiste c’est l’autre terme pour malade mental, pervers à terme.

Tant pis si personne ne peut partager avec toi cette part profonde de toi et si tu parles tout seul et que les autres t’entendent et bien, c’est la preuve que ce sont eux les fous, parce que les vrais perturbés ne s’émeuvent pas de ces logorrhées verbales, de tes monologues de rêveur, depuis quand parler nécessiterait une réponse ? Et surtout depuis quand cette réponse serait-elle naturelle à ton désert ?

Ce n’est pas parce que ceux qui t’entoure ne voient rien qu’il n’y a rien, sinon, comment expliqué la naissance d’un livre qui, par vocation, est né de ces absences, de ces doigts tout pressés de livrer ce que l’esprit leurs offre comme cadeau de l’imagination.

Écrire c’est, s’enchanter tout seul. C’est danser comme une petite vieille qui pense encore avoir vingt ans et avoir encore sur sà la taille les mains de son mari. Vous croyez que c’est juste ça n'est-ce pas ? Hein, vous croyez que c’est juste de rire d’elle ? De lui dire que c’est faux ? Qu’il est mort depuis longtemps ? Qu’est-ce que vous en savez hein ? Qu’est-ce que vous en savez qu’il est aussi mort que vous êtes vide ?

La preuve n’est qu’une détresse qu’on assène pour faire pleurer l’autre davantage que pour lui prouver qu’il a tord alors qu’il ne lui reste que ce souvenir, et vous de cette raison n’en faisait qu’une cruauté. Son petit mari n’existe pas davantage que le talent d'au mauvais écrivain ? Et bien lui sais que vous avez tord mais lui au moins, à la délicatesse de ne pas vous le dire, c’est la pudeur de la solitude, de celle des gens qui meurent

 

Tes besoins ne sont que le résultat de tes erreurs, n'en avoir aucun, c'est juste que tu as renoncé à vivre avant les autres

Dans les cercueils, il y a jamais personne, ce ne sont que des porteurs d'enveloppes, des gens anciens.

 

Alain Cabello-Mosnier
mardi 31 octobre 2017

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mercredi 17 octobre 2018

Le désert était bleu

Le désert était bleu

Synopsis : poème existentiel.
Poème mis en ligne sur Youtube ; Vimeo ; Tumblr ; Canalblog ;

Le désert était bleu Alain Cabello Mosnier

Le désert était bleu
Et les souvenirs ronds
Sur des gens malheureux
Arpentait un griffon

 

Le désert était bleu
et pas du tout citron
Le teins plutôt cireux
Des gens par millions

 

Ils s'en allaient par deux
Beaucoup à reculons
Des larmes dans les yeux
Pour sûr qu'ils reviendront

 

Puis il y avait ceux
Sur du papier Canson
Les plus silencieux
S'effaçaient du crayon

 

Se vidaient crânes creux
Le mikado au fond
Des cercueils capiteux
capitaines sans nom

 

Les vers lui semblaient vieux
Le texte pas très bon
Un autre ferait mieux
Certains vous le diront

 

▌©Alain Cabello-Mosnier (poète gay & MASSEUR) ⚣
14 juillet 2018, Paris
Vers en 6 pieds
Photo de Josef Säfbom, jeune suédois prise lors de sa première arrestation pour vol en 1907. Il mourut en 1914 après s'être noyé à bord d'un bateau à vapeur sur les côtes nord de la France. Il avait 23 ans.

 

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mardi 16 octobre 2018

Désir, cette eschatologie de l’amour

Ma bouche pleine de ta merde

Mon cul plein de ta queue

Mes seins pleins de tes doigts

Ursulesques aigreurs de nos folies passagères

Lorsque dans nos chapelles se glissait l’inquisiteur

Bénissez-moi Seigneur des transverbérantes eaux de vos crachats

Que n’en avez-vous fait produire d’avantage
Que n’avez-vous mis à la gueule d'une race d’homme celle de quelques bouledogues aux parotides excessives et qu’en charpie, sous leurs baisers, leurs pattes et leurs griffes ne puisse rester de nous que l’évocation du désir, cette eschatologie de l’amour ?

Race d'Ep, infernal cuisseau
Si l’anus est une étoile alors je crois au ciel
Si les étoiles sont une multitudes d’autres mondes, alors qu’ils soient jonchés d’hommes heureux

Mais si les hommes nus sont des Dieux, alors Seigneur, par pitié, ne me mettez pas à leur droite mais tout en-dessous d’eux

Glissez-moi sous une aisselles perdue dans le cosmos
Que toutes les tempes mouillées par l’effort depuis la nuit des temps forment une abysse au fond de laquelle seront mes os
Mettez-moi dans la mauvaise glaise d’accroupissures si vilainement mises au suint des veaux
Laissez-moi pourrir de tout et pleurer pour rien

Désirer n’est que la nature des infinis
Ail noir et terres gâtées ô somptueuses fondrières des lienteries humaines

Chaque jour vient une nouvelle promesse aux tapisseries d'Aubusson des horreurs coulées dans sa maison

                                               __

Si j’écris vivant vous me lirez mort et que croyez-vous que mort je veuille vous laisser lire de moi vivant sinon combien je les ai aimés ces petits gars, ces testicules folles
Et si même détruit, en tout lieux et partout, au moins les aurais-je écrit
Tracé de-ci de-là entre deux pipes et deux rêves de toi

Que les connards des futurs chants homophobes
sachent que nos excrétions de pédés morts jonchent pour toujours la terre, passent dans les eaux (tu savais qu’il y a des pédés même dans l’eau de Volvic que tu bois ?) feront de ses fils les adeptes de ceux qu’ils condamnent
La loi ne peut interdire ce que la nature veut
Et la nature veut ce que la loi ne peut interdire

Alors baises ta femme sinistre Poujade, nous nous occuperons de tes fils

Car c’est toi, par ta propre pine qui nous générera

 

▌©Alain Cabello-Mosnier (poète gay & MASSEUR) ⚣
Dimanche 16 octobre 2018, Paris

tumblr_pgop96x88q1sh2h9bo3_1280Visuel de François Legoubin, né en 1968

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dimanche 14 octobre 2018

Koï

Sur les orles du bassin de ta bouche
Nageait un puissant koï japonais
Et c'est de lui que je bu à la louche
Ta salive salée comme un saké

Glutineux, indolent, mais pas farouche
Près de mes lèvres se laissa gober
Comme une gerris d'eau ou une mouche
Nos bassins s'unirent dans un baiser


▌©Alain Cabello-Mosnier (poète gay & MASSEUR) ⚣
Dimanche 14 octobre 2018, Paris
Vers en 10 pieds

de-chris-garver-une-carpe-koi-sur-le-bras

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LA GRIPPE ESPAGNOLE

Synopsis : poème cent ans plus tard sur la guerre de 14/18 et grippe espagnole qui décimèrent aussi toutes les deux leur lot d'homosexuels.

Poème libre de droits non commerciaux.

 

J'ai fais un feu dans la cheminée
Pour narguer le jour qui s'éteignait
Taquiner l'hiver frissonnant
Elle si noire mais lui si blanc

J'ai fais un feu dans la cheminée
Pour réchauffer l'homme que j'étais
Bassin d'eau et faïence d'antan
Un miroir au mercure d'argent

J'ai fais un feu dans la cheminée
Mille neuf cent dix-huit, c'est signé
Je rentrerai bientôt, chers parents
Fêter tous ensemble mes vingts ans

Faites crépiter la cheminée
Je vais bien, tout juste un peu grippé
Blême, enfiévré et grelottant
Les flocons ne sont pas allemands

On fait du feu dans la cheminée
J'ai chaud, j'ai froid n'ai plus de papier
Brûlez donc ce courrier maintenant
Jetez-le dans l'âtre au feu ardent

Quelqu'un a éteint la cheminée
Plus de feu, non, rien que les chenets
Dans les cendres, « je t'aime maman
Et que papa soit fier à présent
 »

On fait un feu dans la cheminée
Mais c'est dans la chambre d'à côté
Un soldat pleure tout doucement
Ce poilu qui était son amant

 

▌©Alain Cabello-Mosnier (poète gay & MASSEUR) ⚣

Dimanche 14 octobre 2018, Paris

Vers en 9 pieds

 

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jeudi 27 septembre 2018

Quelque part le suicide est la forme la plus ténue de l'espoir. Échapper à l’insupportable en passant par lui.
Se débarrasser de son corps et recommencer une nouvelle mort. Noire et parfaite.
Je pense que mourir vaut le coût même si ça implique de renoncer au tien. Lui si blanc et la suite si noire
si vide de tout et de toi. Plus éternelle que l'amour lui-même. Tu sais l'amour ? Ce truc que tu peines à trouver dans une vie où chaque seconde t'es comptées ! L'amour c'est dieu en moins bien, tous le monde t'en parle, peu le trouve, personne ne le garde. Et ça voudrait être un must.

Moi j'ai renoncé, c'est un connard. Je suis sûr que l'amour est un connard ou un fantôme du désespoir. Il ne reste plus rien à penser, tout a été dit à part peut-être que vous devriez vous souvenir de la mémoire du sang

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