Poésie homosexuelle

mardi 18 septembre 2018

Un thermalisme urinaire

Il venait d'entrer dans la salle-de-bain dans laquelle je me trouvais et, comme s'il était naturel de sortir sa verge en présence d'un autre homme, ami certes, mais pas intime, il se soulagea dans les wc tout en m’expliquant quelque chose que je ne compris pas.
Mon cerveau venait de se suspendre dans une catalepsie de toute cognition qui ne percevait plus du coin de l’œil que la ligne blanche d’un slip généreusement éloigné de son ventre sur lequel s’ourlait à présent tout un pubis de limaille noire, une sorte de nuit masculine qui avait pour matin sa peau et pour soir, les quelques lumières qui me permettaient de voir ce que je voyais. L’organe lui était sombre, il finissait toute en pointe sur une rose molle.

Pour lui souligner l'incongruité de la situation, son inconvenance, à mon tour je pris le partie de l’outrance et de façon tout aussi indifférente et mécanique je m’emparais d’un verre sur la tablette du lavabo et tout en faisant mine de l'écouter attentivement, je vins nonchalamment le placer sous son jet d’urine puissante et le rempli.
Il ne recula pas d'un millimètre. Ne fit aucun mouvement d’aucune sorte. Laissa faire. Juste, il parlait.
Lorsque le verre fut plein de ses eaux jaunes et miraculeuses, je le sentis tout d'abord avec attention, puis je le bu. D'un trait. Je recommençais cela plusieurs fois comme n'importe quel curiste l’aurait fait avec les eaux des thermes de Vichy depuis le 19e siècle à part que là, le robinet était de chair et il s'agissait de pisse. Quelques minutes au-paravent, ces mixions se balançaient closes contre la paroi hermétique d’une vessie pleine de garçon, cachée sous son ventre chaud et poilu.
Son outre s’était remplit d’usages divers mais jamais elle n’aurait put imaginer que le fruit mûr de sa récolte quotidienne puisse faire les délices d’un autre. Moi non plus d’ailleurs.

J’étais horrifié par ce que j’étais en train de faire et ne savais plus comment m’arrêter et je tentais de rester aussi naturel que lui. Sûr de mon fait.

Lui il parlait, parlait, tandis que moi je buvais, buvais ! Effaré et transi.
Je crois que je ne repris mes esprits que lorsque le jet se tarit. Il secoua ses toutes dernières gouttes trémulantes qui distribuaient leurs perles dispersives et vint ensuite s’essuyer résolument sur le bord de mon gobelet. Un petit fils fragile relia un court instant le verre à son prépuce puis se rompit comme l’or des Aztèques.

Je portais à mes lèvres ce qu’il restait à boire avec une pointe d’embarras, et le reposais sans même le rincer. Ce qui advint après me paru une éternité. Il ne me restait que ce soleil acide et tiède qui semblait venir tout droit de Toscane et lui sur mon côté qui venait de se taire. Il aurait sûrement fallut que je parle à mon tour mais je ne savais pas quoi dire. Il aurait fallu qu’il enchaine, se rhabille comme tout homme se rhabille et parte mais il semblait m’attendre. Quelque part, moi aussi je l’attendais mais respirer me paraissait la dernière chose à faire. J’avais envie de mourir mais la vie me flanquait d’une attente que lui aggravait.
Il était là je le sentais, je le sentais dans ma bouche et c’est parce que je le sentais dans ma bouche qu’il ne fallait plus qu’il devint autre chose.

J’avais bu ses urines, ses contagions de monstre de sueurs et de souffles. Et lui m’attendait. Comme dans le vide d’une excuse qui ne vient pas et se transforme soit en bonheur soit en crises de larmes pour plusieurs étés.

“J’aurais du fermer la porte à clé.” ou quelque chose d’approchant pour que ce qui se passait n’advint jamais mais là on ne me demandait pas ce que j’aurais du faire mais de faire ce que j’avais envie de faire avec cet homme qui m’attendait et dont je venais de boire l’urine de sa vessie. Moi aussi je l’attendais mais je ne savais plus comment le rejoindre ou alors peut-être par le dos, reculer doucement sur lui jusqu’à ce que sa bouche me brûle juste derrière l’oreille. Appuyer mon épaule contre lui jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose qui lui permis de prendre le relais.

N’importe quoi, je dis n’importe quoi. Le seul truc valable aurait été que ça ne se soit jamais passé mais c’était mort. Putain mais je ne rêvais pas, j’avais bien vu sa queue, il me l’avait fait voir, me l’avait fait surprendre sa gousse d’infamie aux outrances de lunes, aux nacres de calcite toutes fendues sur ses rayures de fontaine. J’avais vu son pénis, enfin je crois que c’était son pénis, je n’étais plus très sûr et encore moins d’exister, seul régnait un autre souffle que le mien, animal et incomplet. La meurtrissure d’une garçon qui m’observait.

Bon sang de bon sang c’était bien lui qui avait surgit dans la salle-de-bain dans laquelle j’étais, je n’avais rien demandé moi et là, son impolitesse devenait la mienne. Je n’avais rien demandé moi. Moi j’étais juste là. J’étais ici. J’étais devant ce miroir. Et maintenant, par sa faute, par sa putain de faute, la surface biseautée du miroir ne faisait plus que refléter sa masse terrible et attentiste. Il me rendait impropre à moi-même. Il me prolongeait, me raréfiait.

Même espérer qu’il parte m’était impossible.
Qu’il aille ailleurs m’aurait effacé.
Pour bien faire, il ne faudrait plus que nous quittions cette salle-de-bain. Il faudrait que nous y restions jusqu’à la destruction de l’immeuble qui la contenait, quel que soit le nombre de locataires qui s’y succèdent, aussi longtemps que lui constituerait un retour.

Il faut que vous sachiez que l’homosexualité à mon époque ne se nommait pas impunément. Elle existait, diffuse, se propageait de rencontres en passions sournoises et indistinctes comme passent les navires puis mourait comme tout amour dans des liserés de larmes contenues qui ne pouvaient être dites. Bien sûr dans l’histoire il y eu des périodes plus propices à ces intrications devenues parfaites dans ces fondements humains, je savais que des gars se muraient en eux-même pour s’y retrouver vainqueurs et bandits de quelque choses. Ils se bannissaient du reste du monde mais, comptait-il à cet instant celui-là ?

En tout cas on en parlait dans la presse. Ça faisait les colonnes des faits divers, décrivant par le détail comment le pays pouvait être la proie de ces contingences indignes et que, seule la politique du gouvernement valait pour contenir tout ça. Qui voudrait vivre dans un monde où ces adeptes de l’outrance venaient à la rencontre du vice pour le propager et se gaver de la vertu non point pour s’en nourrir mais la distendre. Et là, la spécularité des miroirs venait de m’enfermer dans une ornière du temps. Cette verge imprégnait ma rétine comme une ampoule fabuleuse que je voulais à moi. Le peu que j’en avais vue me semblait interminable et parfaitement répugnant comme doit répugner toute verge qui, nue, bouscule ce qu’il nous reste à vivre. Cette ampoule fermée dont j’avais bu toute la lumière s’animait encore par en-dessous comme la tectonique d’une erreur pendante et lourde. J’avais la mienne propre de laquelle je pouvais tirer toutes les conclusions imaginables et toutes me ramenaient à la sienne. Elle si peu. Elle si éteinte. Elle si conclusive. Elle partout en moi se propageait comme une fractale de la bite.

Rien de cet homme pouvait m’être étranger. Lui il ne faisait que respirer derrière moi et ce qu’il respirait m’envoyait ailleurs mais pas sans lui. Tout d’un coup, son souffle devint le mien. Quand je respirais il respirait, quand il respirait c’était mes poumons qui s’enflaient et moi qui soufflais par mes narines son expiration.

Il n’avait pas tirer la chasse d’eau, il était là, il m’entendait et moi j’étais là et je l’entendais aussi, incapable de voir plus loin. Je voyais juste l’eau des chiottes jaune et spumescente.

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▌©Alain Cabello-Mosnier (18/09/18)

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lundi 10 septembre 2018

Je m'en fout

► Je m'en fout que l'amour rende aveugle, puisque je ne me veux que les yeux clos sur ta peau !

► Je m'en fout que la passion rende fou car, quelle raison voudrait survivre à ton départ ?

► Je m'en fout que la vieillesse rende incrédule, puisqu'il n'y a qu'en nous que je veux croire

► Je m'en fout que la mort nous délie, dès lors que toi et moi aurons pu exister ne serait-ce que le temps d'une nocturne de Chopin

Et même si je ne te rencontre jamais, au moins aurais-je fais l'effort d'imaginer ce à quoi nous aurions pu ressembler tous les deux.
Toi quelque part, moi ici, l'important c'est que nous ayons existé et nous nous soyons aimé rien qu'en étant.

 

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dimanche 2 septembre 2018

Je ne pensais pas en arriver là

Je ne pensais pas en arriver là
si semblable à moi-même
et renoncer si vite à être autre chose
Qu'est-ce donc qu'être soi
quand on sait que
dès qu'on se sent bien dans nos baskets
il nous faut les enlever ?
En même temps, j'ai toujours préféré porter celles de mes amants
Elles contenaient l'odeur de leurs pieds, et je ne sais pas, ça devait me rassurer.
Le temps que dure la vie à nous mettre nus, à nous laisser nous y aimer puis disparaître comme un halo producteur de vieillard.
Mais qu'est-ce que j'ai fais pour finir si vieux ?
Mais qu'est-ce que j'ai dis pour que mon corps s'épuise avant les sourires que j'abandonne ?

J'espère seulement que la toilette du mort c'est un thanatopracteur qui vous déshabille et vous lèche bestialement.
Être sorti du placard si tard et y entrer si tôt. Je me demande s'il existe un coming out dans la mort ? Où on pourrait avouer à quelqu'un qu'on a été vivant et qu'on a adoré ça !
Se faire traiter de pervers parce qu'on aura fait une ballade en forêt.
_ “Même les animaux ne font pas ça !
De toute façon, vous les homo sapiences vous avez toujours été un peu bizarre !

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samedi 1 septembre 2018

Non mais c'était il y a vingt ans.

_ Je te dis que ma vie c'est de la merde et tu veux me bouffer le cul ? Non mais y a des gens qui sont pas bien dans leur tête...
Je te dis que j'ai tout raté
à part notre rencontre
Quand ton ombre s'est raccourcie jusqu'à toucher la mienne et que tu m'as dit "bonjour". Oh je sais bien, il n'y a de cela que cinq minutes mais te voir disparaître m'arrache déjà le cœur.

Te es tellement long et rare.

Pourtant, il y a encore que quelques minutes rien ne semblait grave entre-nous, tout se déroulait normalement.

_ Mais ça s'était il y a vingt ans...

_ Et puis il y a eu ce rire, ce, ce trémolo de flutiste à la pomme délicate.
Moi je n'avais jamais vue de dents aussi volontaires avant. Et puis, ce petit écart entre celles de devant te rendait apotropaïque. Elles étaient là, genre, comme si elles attendaient un baisé que je n'osais pas te donner de peur qu'il ne soit pas celui qu'elles auraient souhaité.
Alors j'ai ris avec toi et j'ai trouvé ça agréable. J'ai flotter.

Ma vie c'est de la merde et je venais de marcher dedans !

_ Mais ça s'était il y a vingt ans.

_ En attendant, tu parlais, parlais et moi ? Et bien moi, je me demandais...
_ L'odeur que pouvait avoir la mienne ?
_ Mais non nigaud, ça je le découvrirai plus tard, non, quelle odeur pouvait avoir ton cou à ce moment-même, mais tu parlais toujours et moi je regardais juste ton col de tee shirt d'où semblait sortir ces veines d'osier, de vannier au cuir rose. Si seulement tu me donnais encore un peu de temps, je pourrais même y voir les feuilles vertes bouger dans le vent
se confondre avec d'autres plus pales
le pastel fragile.

Et quand t'ouvrais tes paumes d’entomologiste
tu y maintenais enfermés les deux scarabées de tes monts thénar et hypothénar. Rangés côte-à-côte.
Ce qu'il pouvait y faire chaud dans tes mains.

Remarques je ne suis spécialisé dans les espèces de coléoptères plus ou moins petits qui forment l’intérieur de la mains des hommes mais eux étaient beaux, tellement beaux.
Maintenant encore, quand tu me donne la main, c'est tout l'occident qui bascule contre un enfant mort.
Après tout, ce que nous avons été n'est peut-être que quelqu'un d'autre que nous aurions connu et oublié.

_ Mais ça s'était il y a vingt ans

_ Toi tu as toujours eu la mémoire des dates, moi, la mémoire des bonheurs. Je me souviens de chacun d'entre eux. Alors laisses-moi me souvenir des miens.
Tu me prends pour un fou qui ne l'est que de toi mais je ne le suis pas ! Enfin, de toi si, mais des autres non ! Et puis de toute façon prends tout ce que tu veux, moi je ne veux rien.
Toi seul me suffi et surtout quand tu te laves les dents et même partout ailleurs.
J'aime bien tous ces moments où tu ignores que tu es beau. Où tu ignores que tu es observé. Là c’est moi l'entomologiste observateur de toi dans sa toilette.
Une nature vivante les doigts sur une faïence, un rebord de lavabo sans mystère dans lequel tu craches. Tes fesses sont blondes dans ton slip d'interné. C'est simple, tu n'en porterai pas je ne pourrais pas vivre.
Même quand tu penses que je ne suis pas là j'y suis encore. Je catalogue tout je te dis, tout.
Même tes bâillements ont un cahier bien à eux.
Un autre pour tes frissons que je classe en chair de coq. Tu n'as rien d'une poule, tu es une variante.
Je range pareillement tes aisselles, en petits ballotin de paille selon qu'ils sortent de la douche, sortent d'été fastueux où leurs chagrins font mes joies et ceux quand tu dors, que tes bras se plissent sur tes noirs, sur ces nuits d'équivoques.
Un jour je te dirai ce que je pense de toi.
Je te montrerai tout ce que j'ai écris sur toi mais tu ne pourras pas le lire. C'est comme quand tu vois ton double dans un espace temps, il ne faut pas aller à sa rencontre parce que tu pourrais modifier le temps. Là c'est pareil, tu ne peux pas avoir été et lire ce qu’en moi tu as été.

Si unique et moi,
si perdu
qu’en dehors de toi
être n’est qu’un calvaire de pierre de lave tout gris et mangé par la mousse des autres qui veulent vivre à notre place mais je ne les laisserai pas faire, pas temps que nous sommes là.

Moi je veille m’entends-tu ? Sur toi et en toi. Je suis l’autre, un septembre de plus.
Un été mort. Une rentrée sombre. Je suis demain et l’autre jour.

Je suis l’éternité d’un homme qui a finit par s’oublier tout seul. Comme un vieux dé dans un boîte à couture. Je n’attends plus que le sourire d’une vieille édentée qui vient me dire que c’est bien l’heure. Qu’en sait-elle ? Ce moment bien à moi m’est désormais enlevé par l’exigence des renoncements.
Puis heure vint. Toute menue. Incomplète et grelottante.
Qu’elle étrange chose que de devoir tout guérir si tôt en renonçant à tout si vite et pour toujours.

_ Nous venons d’essuyer un gros orage.
_ Avec quoi vous l’avez essuyé ?

Il part. Va là où j’ai oublié d’être, afin que lui puisse devenir quelqu’un, et que moi mort soit possible. Enfin je veux dire, il faut bien une suite à tout cela ? Tous ces gens qui ne sont pas moi doivent bien avoir une vie ou quelque chose qui y ressemble sinon, à quoi bien rester ?

Alain Cabello-Mosnier (1er septembre 2018)

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vendredi 31 août 2018

Tels quels

Synopsis : poésie en prose homo-fréquencée et dédié aux parfums sexuels des hommes

Ce que vous pouvez sentir l’homme et la puanteur de vos effets

Vous êtes l’ornière criminelle des nos passions suspectes

Un rongeur d’inférences, une ordalie légère

Ah, ce qu’à vos trous j’aurais pu rêver d’outrances et de naufrages

Ce qu’aux palmiers de vos aisselles j’aurais pu prendre d'ombres et d'eaux à ces noirceurs de Zélotes zélées.

Ne vous douchez pas

je vous veux tels quels.

Effrayants et criminels jusque dans vos arrogances de roses-raie.
L’homme est le premier des jardins à laisser pousser ses roses brunes.

A être plus noirs que ne le fut jamais la lune.
A être plus lune et toujours plus proche de vos noirs.
Et je ne parle pas de vos lèvres, roses roses en bouton
Et je ne parle pas de vos glands, roses pourpres et doux bourgeon
Et je ne parle pas de vos bourses, roses acides de vos roustons

Vous qui finissez toujours par nous faire le Salut salé des salops !
Par nous faire regretter de vous avoir connu si tard
Et de vous voir rester si peu
Que vous attendre est le revers de mes poésies

 

Alain Cabello-Mosnier
mercredi 13 juin 2018 - Paris

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samedi 25 août 2018

Aisselles de garçons à l’insoutenable promesse

Synopsis : court hymne à l'aisselle des gars

Ne nous imposez pas de pareilles noirceurs souterraines que l’on ne put aimer.

Renoncer est si fragile
avoir si court
que ce qu’il reste de vous n’est jamais qu’insuffisant

Aisselles de garçons à l’insoutenable promesse

Vous avez cette part d’ailes qui manquait à mon voyage.

 

Alain Cabello-Mosnier
samedi 25 août 2018 - 17:02

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« Pourrissez-nous mon maître ! »

Conte pour enfant ayant perdu toute espérance.

Ce n'était qu'un bagnard sous le pagne duquel se balançaient les deux boulets qu'il aurait du avoir aux chevilles et faisaient de lui le plus terrible des hommes.
L'eau qui nous venait à la bouche en le voyant provenait assez rapidement de ses aisselles qu'il finissait invariablement par nous imposer comme la dîme d'effroi que nous devions payer pour nos regards insistants et coupables. Rien ne lui échappait et surtout pas nous. D'ailleurs, nous n'avions pas besoin de le regarder pour être pris, il suffisait juste d'être là, à proximité de ses réflexes térébrants et impulsifs pour se voir prédaté jusqu'à la convulsion sans que notre esprit jamais n'ait le temps de se demander ce qu'il lui arrivait. Il fallait juste survivre, s'accrocher aux feuilles, aux branches et attendre que ces choses se passent.
En tout cas, une chose était sûr, le diable ne quittait ses yeux une seule seconde sinon pour se nourrir de celui qui s'y plongeait malencontreusement, pris comme un insecte dans ces deux plantes carnivores qui lui servaient de paupières et qui se refermaient en même temps sur des désirs de saluts qui tarderaient à venir. Là, lorsque vous étiez captif sous sa peau, ce qui arrivait s'apparentait à une digestion lente et particulièrement difficile.
Pas besoin de détails, vous vous évanouiriez à chacun d'entre-eux.

Il s’abattait alors sur sa victime comme une longue et agonisante suppuration dont les salives avaient le goût du pus et de la trahison. Il ne baisait pas il rongeait. Il posait sur vous tous les renoncements du monde, vous coupait toute envie de vous battre, de partir ou de rester puisque tout de vous il ne devait plus y avoir qu'une sorte de forme qui jadis vous avait ressemblé et qui à présent était en train de suffoquer, d'attendre que sa mort sexuelle lui passe, l'éloigne de vous mais parfois, elle ne s'éloignait pas, elle demeurait, statique et pleine de morves. Si être à lui était pour l'inconscient un rêve, lui échappé devenait un cauchemar de chaque instant.

On l'appelait “le collecteur d'Être”, “Le pourrisseur de chairs”.

Hurler était la plus mauvaise idée que l'on ait pu avoir. C'était un coléoptère imaginatif et rancunier.

Le seul moyen pour s'en sortir c'était de vivre dans son ombre, de se confondre avec les rochers, les arbres qui nous environnaient, pareils à des cafards sans avenir sinon que celui de le nourrir de ses étranges pulsions de cyclope. C'était lui ou la folie. Quitter sa peau était pire que de l'assouvir, une nuit sans lui valait mille ans de camisole. Seul quand il recommençait vous pouviez avoir l'espoir, l'espace d'une fraction de seconde de rejoindre sa violence d'enfant abandonné dès l'enfance qu'il sapait en chacun de nous.

Zeus fit des choses terribles à ses frères et lui n'en était qu'un des lointains descendants.

« Pourrissez-nous mon maître !
Rendez nos orgueils factices à vos joies et tout pareils à l'entendement de vos désirs. »

Alors la nuit se faisait
On s'enfermait sous elle
mais rien de se que l'on connu ne pu jamais l'apaiser et de nouveau, l'estomac palpébral s'ouvrait sur vos chairs et vous engloutissait comme un secret pour lequel il ne reste plus personne pour savoir qu'il fut
Il ne rendez de vous qu'un humus de peau détruite et vaguement chaude

un souffle peut-être mais pas plus 

Alain Cabello-Mosnier (25 août 2018)

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vendredi 24 août 2018

In & galets

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DOUCHE : Sur mes galets inégalés
soyez in & galets
01 42 59 79 36
PARIS

Lorsque vous sortez de la mer pour vous doucher, passez donc à Paris, avec "la vraie je vous laverai".

J'enlèverai le slip et le sel de votre peau.

Je vous mettrai plus nu qu'aucune serviette ne vous aura jamais vu nu,
écrin de vous-même et continuellement en vacances.

N'êtes-vous donc pas las de ces palabres de doigts ?
Perpétuellement couverts par l'écume de nos savons à l'erreur spumescente ?
Vous saviez que j'ai quelques massés qui se glissent sous mes mains sans l'être ?
Leur peau me parle de leur journée urgente et bellement fleurie
Je les arrose d'huile et de temps
D'huile et de temps, la rose n'a pas tous les pouvoirs qu'ont les hommes

Le radeau de la Méduse est une horloge, le masseur, son garde-côtes.
Et vous
un chapelet d'îles qui s'égraine de ses orteils,
de ses testicules, de ses ventres posés là, sur la terre pendant qu'au ciel
œuvre l'ultime modeleur de la nuit qui s'est faite.

Vos yeux se sont ourlés comme ces "Porcelaines" abandonnées sur les plages pareilles à celles vous avez soigneusement closes sur votre tapis, si absent de vous-même qu'il m'est loisible de travailler.

Vous vous croyez unique ?

L'important c'est que vous vous sentiez seul et que ce soit ici,
habillé par toutes ces paumes nues de main d’homme besogneux que vous veniez renoncer à tout ce qui vous sépare des autres.

Vous êtes le recourt

Une histoire de silences que personne ne vient rompre

Alain Cabello-Mosnier
Vendredi 24 août 2018,
MASSEUR en institut à Paris

http://www.relaxation-francaise.fr/

 

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lundi 13 août 2018

Si je vous manque...

Synopsis : Poème d'adieu.

Si je vous manque...

Si je vous manque...


Si je vous manque vous n'avez
A cet instant qu'à moi penser
Mais je puis bien vous assurer
qu'à votre tristesse jamais

Je ne vous abandonnerez
A qui poème j'écrirais
Sinon qu'à mes amours laissés
A douce vie et crus fossés

Si je vous manque vous n'avez
Que poésie à écouter
Et mon doigt laissez effacer
Cette larme friponne au lai

Je n'ai point vécu esseulé
Toute vie sans à vous penser
pour vous vouloir a mon chevet
Ou qu'a ma tombe grue faisiez

A moins qu'aux parents ne vouliez
Avant que pierre fut scellée
dernière fois les saluer
Point pour moi jamais ne venez

Si je vous manque vous n'avez
Pas de longues fleurs à couper
Allez juste vous promener
Et dans les près à moi penser

Ou même ces vers réciter
Et je puis bien vous assurer
Si cette nuit me suis levé
C'est bien à vous que j'ai pensé

Je vous embrasse mes aimés
De ces quelques vers composés
Et que mes os ici posés
A d'autres doivent échapper

Ouille ça chatouille


Alain Cabello Mosnier
Lundi 25 juin 2018, Paris 6:11

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« Le grand jaguar rouge »

« Le grand jaguar rouge »

1024px-Chac_Mool_statue,_from_Chichen_Itza_by_Ewen_Roberts

Synopsis : poème homo-suggestive en 12 pieds
Type : poésie queer écrite et lue par Alain Cabello-Mosnier, pédé & poète français.

En ligne sur YouTube ;



Que ne manque-t-il à tes yeux, le khôl des rois

Une arcade de pierre à lazulite bleue

Le mythe et les rires des hommes d'autrefois

Qui régnaient rudement et se baignaient entre eux



La paupière fendue en ses deux kylix grecs

Dont la coupe ronde se remplissait d'amandes

Des motifs à l’affût d'impassibles fennecs

S'emparaient de vous comme les Mayas des Andes



Alignés et patients, ancestral Chac Mool

Des toltèques venaient déposer sur nos ventres

leur cœur immonde venu du soc lourd des môles

Qu'ils s'arrachaient de leur pagne écartés comme antre



Que manquait-il à ce vase de terre rouge

Qu'ils extrayaient du gré de leurs ocres fameux

Toute une liturgie des râles sur des bouges

Dressés de heaumes brillants aux corps caverneux☺



Par poète queer Alain Cabello-Mosnier

le dimanche 12 août 2018 à Clermont-Ferrand